On m’a raconté une anecdote intéressante. Un québécois parle avec un Taïwanais de l’indépendance de leurs peuples respectifs. Le Québécois, blasé de 40 ans de lutte pour la “souveraineté-association”, demande au Taïwanais comment son peuple envisage la marche vers l’indépendance.
“Nous, à Taïwan, on pense que l’indépendance totale vis à vis de la Chine se fera à court terme.
-Et qu’est-ce que vous entendez par court terme?, demande le Québécois.
-Plus ou moins deux cents ans!”, de répondre le Taïwanais, le plus sérieusement du monde.
400 ans, dans l’histoire des peuples, ce n’est rien. Les Chinois, par exemple, ont plus de 5000 ans derrière la cravate. Ça c’est de l’historique. Nos autochtones en revendiquent plus de dix mille, et sur notre territoire (et est-ce qu’on respecte ça, nous les vertueux de l’histoire et de la culture Québécoise?). Pas un petit 400 ans, encore moins 40 ans d’émancipation. Et si on veut vraiment revenir à notre histoire, eh bien, nous sommes des anciens Français mêlés à des anglais et des autochtones, qui furent d’abord Français, puis Britanniques, puis Canadiens, et enfin Québécois. Malheureusement, sur 400-500 ans (ce qui est déjà très court, à peine une vingtaine de générations), nous ne nous croyons Québécois que depuis 40 ans.
Qu’on me lâche avec notre super historique. Ce n’est encore qu’une anecdote.
Comme un coloc qui passe une semaine dans l’appart ou je vis depuis 15 ans et qui prétend avoir un histoire dans cet appart’ .
En fait, et ce n’est pas ce que je souhaite mais ce que je conçois, c’est que nous avons vécu socialement en anglais bien plus longtemps qu’en français. D’où le caractère exceptionnel de la situation très correcte du français aujourd’hui. De là à croire qu’on a une histoire. Quand on parlera de Hubert Reeves comme on parle aujourd’hui de Confucius, de Bouddha, de Dagobert, de Romulus et Rémus, peut-être pourrons nous utiliser l’argument historique pour défendre notre culture. Et de toute façon, quand 9 Québécois sur 10 ne connaissent même pas la date de la “Conquête”, ni le nom du Général qui nous a foutu une raclée à l’époque, qu’on ne vienne pas me parler de cette grande histoire. L’histoire du Québec, elle est à faire, et sa langue est à faire rayonner. Or, notre culture est encore au berceau et certains voudraient qu’on lui donne les clefs du char.
Amusant. Très Nord-Américain comme perspective, je dirais…
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