Chaque vendredi soir (ou samedi matin), en sortant de la job, je ramasse un journal au Fameux avec mon lunch: La grande époque. Cet hebdomadaire gratuit offre un point de vue sérieux, mais différent, sur de nombreux sujets d’actualité, avec entre autre un cahier environnement fort intéressant. Bref, des nouvelles traitées avec sérieux, mais dont on entend très peu parler dans les médias traditionnels.
Cette semaine, j’y apprends (l’article est ici)que les grands médias canadiens, Radio-Canada y compris, refusent de diffuser les publicités d’organismes comme adbusters , prétextant que cela pourrait nuire à leurs intérêts commerciaux. Dès lors, on est plus dans le domaine de la liberté. Cela fait plus de dix ans que l’organisme tente d’acheter du temps publicitaire sur les grandes chaînes et se heurte à un refus totalitaire.
Comment ensuite peut-on prétendre au droit à l’information du public d’une quelconque façon, puisque certains des points de vue (possiblement importants) ne peuvent avoir le niveau de diffusion nécessaire? Et ce même si les porteurs de ces points de vue ont les moyens, comme les autres, de payer?
Si la CSST et la SAAQ peuvent se payer des pubs d’horreur, si des compagnies de voyances et de cartomancie peuvent se payer des spots publicitaires, si des compagnies se faisant concurrence peuvent se payer de la pub aux mêmes endroits, pourquoi-donc interdirait-on la diffusion de messages d’intérêt public de la part de certains organismes en question?
D’autre part, les responsables du marketing des chaînes de télé auraient facilement la capacité de choisir les pubs “engagées” lorsqu’elles n’entachent aucun de leurs commanditaires. Cela aurait pour utilité, comme ce devrait être le cas dans un marché libre, de provoquer l’intérêt pour l’industrie visée d’acheter elle-aussi du temps d’antenne. Un, on aurait droit à un débat fort intéressant. Deux, le diffuseur empocherait des deux côtés.
Que dire de plus?

Sachant ce qui mène le bal dans toute grande société (cie), ie, le cash, une telle réponse de l’ensemble des acteurs de l’industrie est compréhensible. Adbusters n’est pas un aidant à l’économie, si on peut le dire ainsi… Et, autant à R-C que chez les autres diffuseurs, les bosses et les cercles d’amis des bosses oeuvrent dans l’élite non-pas d’une, mais de plusieurs industries. Beaucoup d’acteurs de cette ligue n’aimeraient pas voir du temps d’antenne voué à autres choses que leurs commerciaux, si ce n’est que pour des commerciaux de plus petits acteurs, tant qu’ils poussent le consommateur à acheter quelque chose, à faire rouler l’économie.
Le web est l’endroit tout désigné pour les Adbusters de ce monde. Plus ça va, plus la rapidité et la qualité du matériel qu’on retrouve sur le web se raproche de ce qu’on trouve à la télé. Et avec les YouTube et GoogleVideo qui s’installent dans le quotidien des internautes, y’a pas de raisons pour qu’Adbusters n’arrive pas à se faire voir par un grand nombre en utilisant des concepts qui font dans le nouveau, dans le mieux, dans le différent.
Ils auraient sûrement plus à gagner à investir dans une façon créative de se faire voir sur le web, plutôt qu’à rester planter devant des portes qui, résolument, ne s’ouvriront pas.
Par françois le 12 février, 2008
à 6:16