Merci à Michel-ange (le vrai) pour l’illustration.
Ces temps-ci, ça discute de la langue. Ça frenche en attendant le printemps. De VLB qui menace de brûler son oeuvre aux rapports cachés de l’Office de la langue Française, je trouve qu’on fait beaucoup de bruit avec pas grand-chose. Mais je peux parler de mon complexe du colonisé par rapport à ma capacité à m’exprimer oralement dans la langue de Shakespeare.
Par un étrange mécanisme que je ne peux exprimer autrement que par le complexe du colonisé, jusqu’à il y a 5-6 ans, je pouvais faire des travaux universitaires, traduire des documents both ways à la perfection, mais pour l’oral, alors là… Je ne fais aucune faute à l’écrit depuis l’adolescence en anglais, et pourtant, je n’arrivais pas à aligner deux phrases correctement sans que tout se mélange.
Étrangement, dès que je quittais le Canada, ma langue se déliait et je constatais que j’arrivais à parler l’anglais avec une fluidité déconcertante, sans accent et de façon instantanée.
Au moment où j’ai fait cette réalisation, j’ai entamé un processus qui fait que mon complexe “localisé” disparaît tranquillement maintenant quand je suis en terre québécoise.
Nos ancêtres ont été conquis en 1763, dans le temps où ce genre de conquête et de traités étaient possible légalement (moi c’est fou, en plus, l’autre moitié de mes ancêtres se faisait embarquer sur des bateaux pour venir faire du bénévolat aux States). Il y a eu résistance jusqu’à ce jour, où nous pouvons reprendre notre indépendance sans verser le sang. Mais ça ne se fait pas. Probablement parce que ce n’est pas assez nécessaire pour la majorité. Et, malheureusement, ça ne m’importe plus vraiment. Je parle pour garder mes doigts prêts en tout temps à écrire un truc VRAIMENT intéressant.
Le problème, quant à moi, ce ne sont pas les parlementaires bouffis et larvaires, ni les rejets de parquet de partis politiques qui s’imaginent avoir des bonnes idées comme les borgnes au pays des aveugles, ni les méchantes corporations qui vampirisent l’argent public et l’argent du public, mais bien le public lui-même, tous ceux qui n’ont pas le temps et/où l’envie de consacrer ne serait-ce qu’un pour cent de leur cervelle à se questionner sur ce que devrait-être une société équilibrée et saine.
Faut pas se leurrer. Ici comme ailleurs sur la blogosphère politique, on prêche entre convaincus. Le reste de la blogosphère parle des coliques de leurs enfants, des photos de voyage en république dans le “resort”, de Katrina qui aura sa rose, du “Canadien” qui peut se vanter d’être le sujet des analyses les plus diverses et les plus pointues du Québec tout entier et de Céline, bien sûr.
J’ai autre chose à faire que de perdre ma salive à tenter de convaincre quiconque s’en fout que le bilinguisme est un vêtement de plus que tu mets pour mieux faire face à une situation, comme le choix de linge diffère pour sortir dans un pub ou dans une discothèque huppée. C’est bien possible que tu ne veuilles jamais aller dans une discothèque huppée, mais si 99% des endroits où il y a des gens intéresssants sont des places du genre, alors tu te prives peut-être de quelque chose, et d’après moi-c’est par orgueil plus que par intégrité.
Si on avait des politiciens qui avaient notre bien être collectif à coeur, ou si c’est le cas, qui avaient un iota de créativité, les choses iraient de mieux en mieux. Ils pourraient penser à remettre suffisament d’argent dans les cours d’alphabétisation pour tous et de francisation pour les immigrants et on aurait des résulatats impressionnants. Mais à peuple dépolitisé politiciens pathétiques.
Je prefére cent fois plus la voie spirituelle. Mais j’aime bien garder ma lame aiguisée quand il s’agit de réthorique.
P.S. : Je suis d’ailleurs en train de lire un livre de D-Pak dont je vous parlerai bientôt, qui n’a rien à voir avec ça.
Publié dans Incohérences, Québec, politique | Tags : alphabétisation, bilinguisme, colonisé, complexe, Français, immigrant, immigration, langue française, office, OLF, politiciens, VLB