Quant au concept de fierté, d’appartenance et autres joujous de l’égo collectif? Je rêve du jour où nous rencontrerons une autre espèce dotée de raison. Ce jour là, nous n’aurons d’autre choix que de se présenter comme terriens.
Je n’ai aucun sentiment d’appartenance envers le groupe de Québécois qui votent pour l’ADQ, supportent Jeff Filion et rêvent à Duplessis la nuit. Je ne m’identifie pas non plus à un morceau de terrain, même si je l’adore. Ni à une histoire à laquelle je n’ai pas participé. Dans une autre vie, ça me touchait. Maintenant, je trouve ça légèrement moyennageux. La langue? Le français du Québec constitue une merveilleuse langue codée pour se parler entre nous sans que les autres ne comprennent, mais c’est tout. Dès qu’on sort de la petite francophonie, welcome to the modern World. Ça ne me dérange aucunement, pas plus que je ne crois qu’un appareil photo puisse me voler mon âme.
Je trouve que toute volonté de faire la démonstration de sa différence est une forme d’insécurité face à soi-même. On ne veut pas être comme tout le monde alors on cherche la différence pour faire la démonstration de sa valeur (jamais inférieure, bien sûr). Si mon voisin est mon égal, n’est-ce pas pure perte de temps que de tenter de me différencier de lui autrement que par mes actions?Le besoin d’artifices pour affirmer sa personnalité n’est-il pas l’aveu d’une personnalité trop petite pour rayonner de l’intérieur, d’elle-même? Doit-on tous être pareils? Non. Doit-on vouloir montrer sa différence à tout prix? Ouais, mais c’est pas fort sur le bulletin de la confiance.
Revenons à l’identité. Je voterais encore oui, mais ça a toujours été pour le trip de partir un pays à neuf, pas parce que je voulais authentifier mon appartenance à tous ceux et celles qui partagent le territoire que j’habite. Certes, la concentration de gens que j’aime est ici, et je crois que c’est surtout ça qui me rattache à la terre québécoise. Si tous les gens que j’aimais quittaient le Québec (on parle pour parler), je n’aurais plus autant d’attachement, seule une certaine nostalgie.
Bref, mon pays, ce n’est pas un pays, c’est la terre. L’important est d’être parmi ceux que j’aime.
Et par les temps qui courent, mon pays, c’est vraiment mais VRAIMENT la neige. Et, à ma grande surprise, je n’ai jamais autant aimé l’hiver. Sûrement mon petit côté apocalyptique, ou bien mon côté écolo content de voir la nature nous rappeler qu’on ne l’a jamais domptée.
Un pied et demi de neige dans la rue et sur les trottoirs, c’est la totale! Faudrait bien que je prenne des photos.
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