
image de www.ethnociel.qc.ca
Je crois bien avoir parlé des liens, conscients ou non, qui unissaient tous les humains de par le monde. Que tout ce que nous faisons tisse la toile des évènements à l’échelle humaine, et même, dans une importante mais moindre mesure, à l’échelle écologique.
J’ai dernièrement lu quelques billets et entendu quelques trucs dénigrant la pensée positive et/ou les médecines traditionnelles ou alternatives en comparant avec la science et la médecine occidentale moderne.
Premièrement, pour répondre aux détracteurs de la pensée positive, je dois d’abord expliquer le concept de façon à ce qu’il soit possible de comprendre ce qui fait que ça marche chez une personne et que ça échoue chez l’autre.
La plupart des gens comprennent le concept de suggestion. On sait que le cerveau humain est réceptif aux suggestions; la publicité et le concept de messages subliminaux et de répétition sont monnaie courante dans notre société moderne. Toutes les religions comportent un système de mantras. Même l’hymne national devient en soi le mantra de ceux qui le chantent avant chaque match de chaque évènement sportif (j’adore voir les regards courroucés sur moi parce que je reste toujours assis). Les sportifs de haut niveau utilisent la suggestion pour se mettre dans des états d’esprits “purs”, dans la zone. L’hypnose, la méditation transcendentale, le zen, et j’en passe, ont suffisamment fait leur preuves quant à la capacité de plonger volontairement une personne dans un état donné.
La pensée dite “positive” n’est qu’une façon d’utiliser les méthodes sus-mentionnées de façon la plus positive possible afin de mettre le corps dans un état propice au changement, que ce soit au niveau de la santé, du bonheur, de la réussite. Le problème, lorsqu’on évoque la pensée positive, c’est qu’on ne parle que d’un côté de la médaille. Autant la suggestion positive peut avoir des répercussions positives, voire miraculeuses dans certains cas, autant elle peut avoir l’effet inverse. Et comme je le disais dans La toile, nous devons aussi prendre en compte nos interrelations dans la compréhension des suggestions 1) que nous nous faisons nous-mêmes et 2) que les autres nous font.
Je pourrais vous citer des centaines, voire des milliers d’histoires documentées de véritables miracles de pensée positive individuelles et collectives. C’est déstabilisant pour la raison, mais, bottom line, la science n’a pas su expliquer ce qui s’était passé. N’y a-t-il pas là matière à ouverture d’esprit de la part des “rationnels”? J’aurais cru que les scientifiques approfondiraient plus ces nouvelles avenues dites miraculeuses parce qu’on ne possède aucune technologie capable de faire la mesure des observations, tout le moins parce que pour moi la science se doit d’être plus curieuse qu’il ne le faut.
J’en reviens à la pensée “négative”. En fait, plutôt que de parler de pensée positive ou négative, il serait plus simple de dire que la pensée en elle-même, crée. Si on applique le concept de pensée positive à la lettre, on ne peut faire la démonstration scientifique de l’efficacité ou non du phénomène, puisqu’on ne peut pas lire dans les pensées, et il est assez difficile ma foi de brancher une personne malade sur des tonnes d’appareils et lui demander d’être dans un état positif. Comme, il faut le dire, une personne dans d’atroces souffrances doit avoir énormément de difficulté à combattre le flot de pensées “négatives” qui la submergent. Comme il est sûrement plus facile pour moi de provoquer des évènements heureux dans ma vie qu’un Congolais de Goma au coeur du génocide.
Certaines personnes ont été guéries du cancer, d’autres ont vaincu plusieurs autres maladies dites incurables ou chroniques. Pourquoi ce focus sur ceux pour qui ça ne marche pas plutôt que d’investiguer le pourquoi des miraculés? C’est pas un peu débile?
Ainsi, chez de très nombreuses personnes à tout le moins, la pensée crée des états féconds ou destructeurs à l’intérieur de nous, qui nous prédisposent à la souffrance, à la guérison ou au bonheur, ce par la suggestion mentale ou exprimée (verbalement, écrit, etc.).
Cela m’amène à la parole impeccable. Les Toltèques avaient visiblement compris le concept de la pensée créatrice et de la suggestion. Ils ont donc expliqué que la parole était un vecteur important de la pensée, et qu’il fallait être conscient de tout ce qu’on exprime, parce que cela agit comme une suggestion. Vous avez sûrement vu le reportage à Radio-Canada à propos de l’expérience qu’on faisait passer aux enfants sur la discrimination. On divisait la classe en deux groupes en dénigrant l’un des deux et en valorisant l’autre. Les résultats étaient stupéfiants. Si tout le monde passe son temps à dire à quelqu’un qu’il est con, et qu’il absorbe ou s’identifie à cette suggestion, cela va prendre un sérieux coup de fouet pour en faire autre chose.
Ainsi, dans le domaine de la pensée créatrice et de la parole impeccable si vous dites à quelqu’un qui vous fait confiance que ses choix sont mauvais, ce que vous pensez n’être qu’un constat sans importante devient une suggestion potentiellement néfaste.
On sait que ça marche pour trop de monde pour cracher là dessus parce que certains ont échoué, sans pouvoir prouver pourquoi ni dans un cas ni dans l’autre.
C’est ce que j’aime de la raison : d’un côté, quand un médicament tue ou fuck plein de gens, on dit qu’il en guérit plus qu’il n’en lèse et que c’est une bonne chose. Quand un tata crie sur les toits qu’il a substitué à son traitement la pensée positive et que ça n’a pas marché (sans qu’on puisse mesurer comment ça s’est fait), on condamne toute la patente. Certes, il y a des charlatans qui disent que ça marche à tout coup, et, peut-importe le résultat, il est possible que ce soit le cas. Est-ce que la pensée peut créer jusqu’à faire gagner quelqu’un à la loto? Je ne sais pas, mais ce que je sais, c’est qu’il serait très difficile de contraindre un esprit à réellement croire qu’il peut forcer les “odds” à 15 million contre un, simplement en raison de l’importance de la statistique (1/15 000 000) elle-même qui semble trop grande. Pourtant, certains disent l’avoir fait.
Mais comme j’ai l’habitude de dire : si tu offres à moindre prix un produit qui entre en concurrence avec des gens qui font 100 000$ et plus par année, c’est clair qu’ils vont te chier dessus.
Comme dirait l’autre : “C’est leur intérêt qui compte!”
P.s. : C’est très drôle, ce texte est une version améliorée de mon premier texte dans le journal étudiant du Cégep du Vieux, écrit en 1991. Je viens d’y repenser. Mais j’aime beaucoup mieux cette version.