Posted by: ebondo | 28 avril, 2008

De l’objectivité journalistique : couvrir la nouvelle

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Quand je parlais de mauvaise information dernièrement (ici), je décriais, entre autres le manque de fini de l’information. Lorsque j’étais porte-parole politique d’une fédération d’organismes, j’avais souvent à débattre de sujets bien rationnels, chiffrés, devant des politiciens, des économistes, et autres tenants du pouvoir. Ce qui me fascinait, c’était l’absence permanente d’intérêt pour ce qui était vrai. De deux équations, une fausse et une vraie, aucune ne retenait l’attention du journaliste plus que l’autre.

L’objectivité journalistique dont on m’avait bourré la tête au cégep n’est aujourd’hui qu’une question de donner la parole à chaque intervenant, pas d’analyser la véracité de ce qu’ils disent.

Par exemple :

Le Ministre dit que 1+1=3

Le syndicaliste dit que 1+1=2

Le journaliste va écrire ou dire que:

D’un côté, le Ministre affirme que 1+1=3, mais les représentants syndicaux sont tout à fait en désaccord, indiquant que 1+1 n’égale pas 3, mais bien 2. Dans tout cet enjeu, la population se retrouve encore prise en otage.

Behhhh…

Comme citoyen, ce que je veux savoir, c’est : Est-il possible de me dire si 1+1=2 ou si 1+1=3? Si non, peut-on interviewer quelqu’un qui peut faire le calcul? Comme personne en désir d’être informée, je ne veux pas être informé sur un débat, mais bien sur la vérité au travers du débat. Il est bien clair que la vérité n’est pas toujours évidente, sauf que dans beaucoup de cas, le journaliste, faute de temps, de savoir compter ou faire de l’analyse, se contente de rapporter ce qu’il entend, et de soulever plus de questions que de donner des réponses. Peut-on dès lors avouer simplement qu’on informe pas, mais qu’on rapporte pour que l’informé se questionne lui-même à partir d’un tas de données?

Le travail de journaliste n’est pas celui de philosophe. Le philosophe soulève des questions dans sa recherche de sagesse; le journaliste informe, c’est à dire avertit, instruit, donne des informations. Quant aux chroniqueurs et analystes, disons que c’est du cas par cas, mais là encore, je ne sais pas si je suis informé ou conforté/attaqué dans mes croyances.

L’autre aspect qui me questionne dans le journalisme moderne, c’est les expressions couvrir la nouvelle. et couverture médiatique. Je trouve que ça en dit long sur l’information.

Couvrir : Revêtir d’une chose, d’une matière, pour cacher, fermer, orner, protéger.

Difficile de croire ensuite que la couverture médiatique vise à nous protéger nous, et non ceux qui possèdent l’information.

Je réfléchissais, comme ça, un beau dimanche de printemps…Vous en pensez quoi?

Bon, je retourne dehors m’informer sur le vrai temps qu’il fait.

Réponses

Le premier mot qui me vient en tête quand je pense à l’Information, c’est la Désinformation.

Un autre billet bien écrit. Mais, j’ai l’impression que tu omets cette réalité dans ton billet. C’est pourtant ça qui constitue le bouillon de base de cette soupe. Enfin, parler de la qualité de l’information sans parler de sa structure organisationnelle ou de son très petit groupe de propriétaires, il me semble que ça laisse beaucoup dans le non-dit.

Les médias, ce sont des outils de dirigeants et de vendeurs qui misent tous sur le faire-croire. Et le reste est, encore une fois, pour bien paraître.

On aurait tendance à croire qu’il y a effectivement préméditation, en effet. Mais c’est pousser l’interprétation des faits au-delà de ce que je voulais faire avec ce billet.

Ce qu’on sait, sans l’ombre d’un doute, c’est que la qualité et surtout la pertinence de l’information fait dur.

Pourquoi? Je n’en suis pas sûr. Cependant, je ne plains nullement le paysage de l’information au Québec par ce qui se passe à TQS. Seulement les employés. Mais bon, c’est pas parce qu’ils font de la tivi qu’ils valent plus que les gens d’Olymel ou d’une autre boîte qui scrappe plein de vies.

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