Ce texte s’adresse à un public averti. Texte légèrement incendiaire. Vous êtes avertis. Vous pouvez maintenant lire.
Il est une partie de l’histoire des Haïtiens du Québec que ceux-ci semblent ignorer totalement. Mon père me l’a racontée. Lorsque les Haïtiens ont voulu fuir massivement leur pays dans les années 70, le Canada avait établi un quota très bas de réfugiés politiques provenant d’Haïti. Personne ne voulait d’eux ici.
La communauté Zaïroise (aujourd’hui de RDC) du Québec s’est mobilisée et a travaillé sans cesse Trudeau pour qu’il augmente le nombre de réfugiés Haïtiens pouvant être accueilli au Canada. Ils ont fait des pieds et des mains, ont joué du coude au sein du PLC et un peu partout pour que ça bouge. Et ils ont réussi. C’est ce que la légende raconte.
Pour les Zaïrois, les Haïtiens sont du même sang. C’est la famille. Ces frères et soeurs, cousins et cousines, dont les ancêtres avaient été arrachés à leur terre natale. Ils souffraient, on a trouvé moyen de leur offrir asile. Ce qui s’est passé par la suite, je ne le sais pas trop. Mais aujourd’hui, Africains et Haïtiens se respectent poliment, sans plus.
Comme je le disais dans mon avant-dernier billet, j’ai beaucoup d’affection pour les Haïtiens. La République Démocratique du Congo et les pays adjacents ont été violés et leurs ressortissants ont été éxilé et réduits à l’esclavage, surtout en Haïti. C’est la famille. Aujourd’hui, les Jean, Laférierre, Mervill, Barbot, Dubourg et autres, semblent s’être résignés à conserver le nom du maître de leurs aïeuls esclaves et vouer une admiration sans borne à celui qui sort du lot pour être reconnu par ses anciens maîtres au sang bleu. VLB a raison, c’est le monde à l’envers.
Je rêve du jour où les Haïtiens renoueront avec leur famille et cesseront d’être séparés de leurs racines. Il n’existe à ma connaissance à ce jour aucune association visant la rencontre des descendants d’esclaves et noir-africains “de souche”. C’est tout à fait absurde. Un peu comme si les Québécois en Floride ne s’adressaient jamais la parole.
image provenant du Journal de St-Michel (cliquez sur la photo pour voir l’article original)
Cette fois ci, c’est Emmanuel Dubourg qui pète les plombs, peut-être sur commande, le PLQ n’ayant que deux noirs de service. En fait, la politique provinciale n’en a que trois, zéro à l’ADQ (honorable, non?). Je m’excuse de ce que je viens de dire, mais au fin fond d’eux même, ils le savent. Ils sont condamnés à fermer les yeux sur leur monde et à accepter les miettes qu’on leur donnera, pourvu qu’ils soient disponibles lorsque quelqu’un prononce le mot nègre. Mais Dubourg a pété les plombs pour rien, jouant une carte irritante pour les Québécois envers la communauté noire (puisqu’il nous représente), et il ne fait que perpétuer le refoulement collectif Québécois auquel nous nous astreignons quotidiennement, pour faire honneur à notre gentillesse incroyable.
Bon, je fais ici une parenthèse, car ci-haut, j’ai utilisé le nous en parlant des noirs, et nous en parlant des Québécois “de souche”, disons. C’est pas facile, mais c’est ma réalité et je l’apprécie plus qu’elle ne me gène. Certains pourraient croire que je me promène d’un à l’autre selon mon intérêt (ce fut d’ailleurs inconsciemment le cas jusqu’à tout récemment, lorsque j’ai commencé à vraiment fusionner les deux), mais non, c’est une fusion des deux. Tout est en double. Je partage les joies et les peines de l’un comme de l’autre. Exercice périlleux, s’il en est, mais aussi palpitant.

J’en ai ras le ponpon des représentants de la communauté noire, (comme de nos représentants en général), qui jouent le jeu de l’indignation pour l’utilisation d’un langage coloré, certes, mais sans diffamation aucune, comme un joueur de soccer ou de hockey plonge après un léger accrochage pour obtenir une punition ou un carton jaune. Mais dans une situation où chaque écart de conduite, chaque mot prononcé avec colère, tourne le fer dans la plaie d’une communauté (les Québécois) qui n’est visiblement pas tout à fait à l’aise avec cette cohabitation, si on pète les plombs de la sorte contre un monument culturel qui n’avait pas de prétentions racistes, on n’aide pas sa cause.
Qu’ils changent de disque, qu’on cesse de crier au racisme surtout quand ce n’en est pas, et qu’on agisse pour faire progresser ceux qui portent plus souvent qu’autrement leur couleur comme un fardeau. J’en ai marre de voir des noirs de mon âge travailler dans des Burger King. J’en ai marre de voir des enseignants, comptables, médecins, et autres professionnels faire des douze heures par jour dans un taxi. C’est là dessus que je voudrais les voir s’indigner. Mais non, ça fait du bla bla bla, gentil gentil, youppi youppi tout va bien dans le meilleur des mondes, mais oups, il suffit que quelqu’un prononce le “N” word pour que l’alarme se déclenche dans leur cerveau et qu’ils crient au loup.
Non, merde, non. Il y a des limites à laisser parler des gens pour soi, et cette fois-ci, dans ce contexte-ci, les miennes ont été largement dépassées. Comme disent les anglais : I beg to differ. Michaëlle Jean n’a pas l’immunité face à la critique, qu’elle fusse noire ou mauve. On est pas roi-nègre pour rien. La définition de réprésentant d’une monarchie colonialiste ayant le sang des noirs partout sur le corps lui sied tout à fait. Michaëlle Jean est la femme de paille du gouvernement Fédéral.
Je ne sais pas ce que les autres noirs du Québec en pensent, mais moi c’est non. Dubourg et les autres ont pété les plombs pour rien une fois de trop. Ce sont eux qui devraient prendre un deux minutes pour avoir retardé le match.

Je ne suis pas noir, mais cela fait délà un bon bout que je perpétue ton combat. Les noirs ne sont pas différent des blancs, comme moi, et certain sont hautement qualifiées et respectables. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi tant de gens s’attache toujours à une insignifiance aussi grande qu’un mot ou une couleur pour s’identifier.
Les haïtiens possède la réputation d’être tous des brigands et membres de gang de rue mais, pourtant, j’en connais certain qui sont hautement respectueux des autres et tentent de fuir de tels millieu à tout prix. Mais je connais autant de québécois d’origine européenne qui, eux, sont de vrais brigands.
Bref, continué votre combat, je suis avec vous jusqu’à la fin.
Par Félix le 29 mai, 2008
à 11:47
[...] Par là c’est l’avis de mon ami, à moitié noir de surcroît… pour avoir un autre point de vue que l’habituelle rengaine des noirs médiatisés. Ajout du Jeudi : Et il en remet une couche! [...]
Par L’arme de la reine-nègre sous le regard des larmes « Renart L’éveillé / Carnet résistant le 29 mai, 2008
à 11:51
Merci Felix!
En effet, c’est d’un ridicule consommé.
Par Eric Bondo le 30 mai, 2008
à 12:58
À mon tour de te faire des compliments! C’est pas la langue de bois ici… et c’est grandement apprécié. Tu apportes un angle différent qui nous aide à mieux comprendre ce problème qui est sommes toutes, fort complexe! Merci de partager tout ça avec nous.
Par lutopium le 2 juin, 2008
à 4:36
Je me joins aux autres commentateurs pour vous remercier de ce point de vue différent de ce qu’on entend habituellement. Merci pour tant de franchise et d’honnêteté intellectuelle, ça met du baume sur le coeur!
Ce fut ma première visite sur votre blog mais certainement pas la dernière!
Par Blogue_l'Eponge le 2 juin, 2008
à 6:45
Lettre ouverte à la Gouverneure Générale du Canada
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/26/lettre-ouverte-a-la-gouverneure-generale-du-canada/
Paul Laurendeau
Par ysengrimus le 9 juin, 2008
à 11:21