Publié par : ebondo | 20 juin, 2008

Stéphane Dion ou l’art de s’accrocher en vain

image de http://www.popcan.ca/archives/article212

Je ne suis plus de près la politique Canadienne. Ni la politique tout court. Cet opéra-savon dont j’ai une bonne idée de la finale me laisse plus souvent qu’autrement indifférent. Certes, j’aime bien garder ma plume aiguisée en commentant certains faits plus marquants, mais dans l’ensemble, ça me blase à fond. Je le répète, je ne m’énerve pas parce que je crois fondamentalement en notre démocratie, mais bien parce que tant qu’à nous faire un spectacle de démocratie, j’aimerais qu’ils y mettent du leur un peu plus. S’ils veulent nous bourrer avec un show, faut au moins que ça en soit un bon. Julie Couillard, ils nous ont coupé ça un peu trop court et Harper, Bernier et les autres s’en sont sortis mauditement facilement pour une histoire de la sorte.

Il y a cependant un phénomène qui me donne de plus en plus d’irritages (sensation physique d’impatience). En politique Canadienne et Québécoise, le parti ayant le plus de chances de détrôner rapidement un gouvernement dans le pétrin se dote d’un chef incapable de rallier la population, qui, elle, préfère se contenter du parti merdique au pouvoir plutôt que d’avoir comme représentant ultime le chef de l’autre parti.

Et pourtant, cette pensée appelant à plus d’humilité n’influence en rien celui qui ne comprend pas qu’il ne sera jamais plébiscité, et que si par le plus grand des hasard cela se produisait, ça ne durera pas longtemps et ça finira mal.

Stéphane Dion, comme André Boisclair et Paul Martin, sont des tiques de la politique. Ils s’accrochent, alors que leur départ permettrait à la démocratie de se choisir un nouveau gouvernement avec à sa tête une personne digne du support populaire. Leur obstination et leur névrose narcissique cimente le gouvernement en place, malgré les scandales, la mauvaise gestion, la non-transparence de ce dernier, tout cela sous l’oeil des militants qui choisissent l’inhibition d’action sur la base de prémisses dépassées, comme celle selon lesquelles on ne change pas de chef quand et comme… Encore une fois, un individus et les membres de son parti font passer l’intérêt d’une personne au détriment de l’intérêt National. Honte.

Ceci dit, ça c’était les fleurs. Le pot, je le garde pour la majorité d’entre nous, qui refuse de prendre la peine de comprendre qu’il y a autre chose que le PC et le PLC pour gouverner le Canada. Le Bloc Québécois devrait disparaître pour mieux renaître de ses cendres ou s’unir au NPD pour détrôner la droite. Je n’ai pas de parti pris; je sais toutefois qu’on ne risque sûrement pas grand-chose à échanger Harper et ses sbires contre Layton et les siens, juste pour voir. Juste pour mettre du piquant dans le scénario. Juste pour voir si avec le NPD, les surplus fédéraux vont se retrouver dans nos poches et dans les programmes sociaux plutôt que dans les poches des banquiers et des pétrolières. Le Bloc ne veut pas gouverner, ce qu’il pourrait faire en scellant une alliance avec les néo-démocrates, surtout que le PQ a mis le référendum sur la glace.

Alors NPD tout seul. Juste quatre ans. Pour de nouvelles intrigues, de nouveaux rebondissements, peut-être un nanane ici et là. Sauf que j’ai bien l’impression que, comme la gauche a souvent ce problème, le NPD n’est pas assez opportuniste.

Autrement, le mieux qu’on puisse espérer, c’est que les Rouges sacrent leur marionnette dehors et qu’ils en mettent une autre plus au goût du jour. Et pas Michael l’intellectuel innocent qui dit n’importe quoi n’importe quand avec un accent fendant; il va nous taper sur les nerfs comme Boisclair.

Au sujet de la politique moderne, je paraphraserai l’expression populaire et dirai ceci : à défaut de grive et de merle, on mange de la merde.

Cela pourrait s’appliquer à la bouffe elle-même, à la culture et à beaucoup d’autres choses en fait.

Mais je ne veux pas me disperser.


Réponses

  1. Très bon billet! Par contre, il y a une différence entre “s’intéresser à la politique” et “militer pour un parti”. Tout de même, le mieux à faire est de voter pour le Bloc, qui au moins ne reconnaît pas le fédéral. Le NPD est beaucoup trop centralisateur!

    Même un anar comme moi s’intéresse beaucoup à la politique, pour mieux comprendre ce qui en est et comment les étatistes fonctionnent.

    Tu devrais aller voir le nouveau blogue de Gabrielle LD.

    Je t’ai répondu dans le blogue du QL.

  2. @ Anarcho-Pragmatiste

    Je vais aller voir ça.

    Le mieux du mieux, ce serait une case “aucun de ceux qui se présentent” sur le bulletin de vote.

    Je pourrais enfin voter pour le véritable candidat de mes rêves.


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