Publié par : Eric Bondo | 22 janvier 2012

Petits miracles en série

Une alliance à tout casser

Certaines crises peuvent engendrer des choses extrêmement positives, parfois, je dirais même, miraculeuses. La semaine qui vient de passer, bien que, grâce à du journalisme bâclé, pourrait avoir l’air catastrophique pour le Parti Québécois. Et pourtant, à ceux de mes amis au sein-même du parti qui pourraient croire qu’il y a matière à dramatiser, je dis que c’est la meilleure chose qui pouvait arriver.

Le premier Miracle

Ce que très peu d’observateurs voient, alors que c’est d’une évidence crasse, c’est que, bien que le Parti Québécois fusse à l’origine une coalition des forces souverainistes de droite et de gauche, jusque vers la fin des années ’90, la gauche dominait largement au sein des forces souverainistes. Jusqu’à ce qu’un certain Lucien Bouchard, pantin du patronat et mépriseur du peuple, quitte le Parti CONSERVATEUR avec un groupe de députés DE DROITE pour fonder le Bloc Québécois, puis forcer la main à Parizeau pour devenir le numéro 2 de la campagne référendaire, et ensuite prendre sa place et faire immigrer députés, organisateurs et militants droitistes au Parti Québécois.

Bang! Virage à droite toute! Bouchard, Landry, Boisclair et son conseiller de l’Institut Économique de Montréal, Joseph Facal, les Lucides souverainistes. Avec eux, le Parti Québécois s’est mis à ressembler comme deux gouttes d’eau au Parti Libéral de Jean Charest, lui aussi ex-ministre CONSERVATEUR de l’ère Mulroney-les-valises. En chemin, la population commence à se désintéresser de la souveraineté, pendant que le PQ se déchire entre évincer Charest et faire l’indépendance.

Pourquoi tant de déchirements? Parce que tout ce qui tient un Bernard Landry de droite et un Marc Laviolette de gauche dans le même parti, c’est la souveraineté. Le PQ est donc un non-melting pot (de valeurs complètement opposées, à l’heure où la population vote sur des valeurs, et non un projet de pays. Donc,  sans référendum à court terme, ils n’ont que ça à faire, se lancer des roches.  C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai quitté le parti; l’air y était complètement vicié. Pourtant, personne ne parle presque jamais des multiples “crises” sous cet angle, même s’il est d’une importance cruciale.

Et voilà qu’une bande de gens de droite réalise que l’action du Parti Libéral de Jean Charest est en chute libre, et que le PQ n’arrive pas à fédérer les mécontents. Il faut un nouveau navire pour poursuivre la déconstruction néolibérale du Québec. Ils récupèrent François Legault, jadis un des “pressés-de-faire-la-souveraineté”, le transforment en fédéraliste pragmatique, lui mettent une couple de phrases creuses dans la bouche, et se ramassent en tête dans les sondages. Et vlan, l’ADQ se saborde, la droite péquiste quitte le navire massivement, et ceux qui restent tentent de faire des trous dans la coque pour faire le plus de dégâts possible avant d’aller rejoindre le nouveau navire caquiste.

Leur stratégie? Accuser Pauline Marois de tous les torts. Celle de Madame Marois? Leur botter le cul. Et même si on peut croire qu’elle a perdu le contrôle, c’est une vision on ne peut plus superficielle de la chose. Ce qui se passe au PQ n’est donc qu’un ménage de printemps qui a bien trop tardé. La CAQ est le Qualinet du PQ, sans le savoir, libérant enfin l’espace qui manquait au Parti Québécois pour faire un virage à gauche qui lui permettra d’occuper le seul endroit disponible sur le spectre politique. Et Québec Solidaire est montré comme un peu trop radical/marginal pour prendre le pouvoir, bien qu’aux dernières nouvelles, le parti serait à près de 20% sur l’île de Montréal. D’où l’importance pour les forces à gauche du centre de mettre en place une grande coalition avec le nouveau Parti Québécois  (et n’oublions pas, le peuple Québécois a déjà manifesté son intérêt à voire au pouvoir des coalitions, juste comme ça) aux prochaines élections.

Car le seul objectif à atteindre, c’est d’expulser à la régulière le Parti Libéral et son chef, l’insupportable Jean Charest.

Peu importe les concessions à faire, il y a le feu dans la maison et ce feu doit être éteint. Cette année.

Jedi comme je suis, j’ai d’abord pressenti le retour de Gilles Duceppe dans le portrait, à la place de Pauline (d’ailleurs, si on l’appelait comme ça, par son petit nom, on oublierait peut-être son château, non?). C’était il y a deux semaines environ. Mais, après discussion avec un ami dans l’entourage de Pauline, je change mon fusil d’épaule.

Avec le recul, cette femme mérite mon appui. Elle a agressivement tenu tête à Jean Charest plus que ses prédécesseurs, et quand je dis agressivement, c’est aussi agressivement que les règles le lui permettent, mais rien en comparaison de la haine que voue une énorme partie de la population au Frisé méprisant. Et c’est pour ça qu’on la paie, non? Il n’y a que les journalistes complaisants pour tenter de faire mal passer une confrontation musclée entre quiconque et Jean Charest. Devant un tel amoncèlement de corruption et de merde et de mépris,  Ti-Jean et ses amis n’ont même plus droit à la politesse.

Alors après mûre réflexion, il faudrait, dans le meilleur des mondes, que Pauline reste. Ne serait-ce pour la gouvernance. Une VRAIE gouvernance souverainiste sociale-démocrate. Mais le PQ a aussi besoin de Gilles Duceppe. Et de Québec Solidaire. Et du Nouveau Mouvement pour le Québec, et d’Option Nationale. On m’a convaincu qu’elle a la stature d’une femme d’état. Un léger problème d’image, mais une fois que CAQlinet aura fini de nettoyer le parti Québécois, soudainement, la crise devrait s’estomper et le nouveau PQ va renaître des cendres de l’ancien, avec à sa tête une femme qui a géré tout ce qui a de ministères et qui en plus semble avoir le coeur à la bonne place, malgré sa réussite financière.  Et à ses côtés le plus grands des pourfendeurs des Conservateurs fédéraux : Gilles Duceppe, mon meilleur député de tous les temps, Amir, et une autre grande dame du Québec, Françoise. Je sais pas où je mettrai mon 5$, mais si tout ce beau monde se retrouve ensemble sur le même bateau, je prends mon billet!  Et je ne serai pas le seul. Ceux que les nouveaux Caquistes ont chassé du PQ, et la population, risque fort bien d’avoir envie de cette croisière-là.

Alors Gilles, pour commencer, genre les affaires intergouvernementales et le porte-voix de l’Indépendance, manger Harper tout rond et montrer l’hypocrisie Canadienne aux Québécois, le temps qu’ils comprennent que la séparation est nécessaire? Ce serait puissant! Le Québec ne t’a pas montré la porte, il t’a ramené de force à la maison. Françoise et Amir, le PQ se vide de sa droite, il y a de la place pour une synchronisation des valeurs, moi j’y vois une situation gagnant-gagnant, pensez-y bien. Jocelyn et Jean-Martin, nul besoin de forcer les choses, avec Harper au pouvoir, l’indépendance pourrait bien se faire sans trop d’efforts avec une belle équipe à Québec. On rentre au bercail, on retrouve les amis et on savoure la déconfiture de Charest et de Legault, et la renaissance de l’Option avec Harper qui nous fournit des munitions à chaque jour qui passe.

Bref, les amis, fuck les enfantillages, on pile sur son orgueil, on met de côté les ambitions personnelles et on remet le Québec sur les rails, pour les Québécois.

On fait la paix devant le peuple, et pour le peuple. La guerre, c’est aux Libéraux qu’il faut la faire. Le peuple aimera.

Quand je vois une main tendue, par une personne intègre (et je pense que c’est une des qualités de Pauline), je la prends. La paix nous amène toujours plus loin, et même si elle est de courte durée, elle est toujours bienfaitrice. Si tout ce brasse-camarade se conclut par la création d’une vaste coalition centre-gauche souverainiste capable de gouverner, alors la crise aura vraiment été le premier miracle.

Ian Davidson s'est fait prendre

Le second miracle 

Ian Davidson, la “taupe” du SPVM, a tenté de vendre une base de donnée comprenant une quantité importante de noms d’indics de la police au sein des groupes criminels. De un, j’ai de la difficulté à croire en la thèse supposément “vraisemblable” du suicide. Je veux bien qu’il se tue, c’est tout à fait évident que sa mort était pratiquement inévitable, mais il aurait pu :

A) Boire du Lave-Glace et prendre une bouteille de pilules

B) S’ouvrir les veines dans son bain

C)Se pendre avec ce qu’il avait sous la main

D) Attendre la balle qui lui était réservée

Avez-vous déjà lu ou entendu une histoire de suicide par égorgement? Nos journalistes sont définitivement bien endoctrinés. En connaissance de cause ou non. Peu importe qu’il ait été “suicidé” où qu’il ait décidé de se mettre lui-même à mort de façon horrible, sa mort n’attristera pas grand-monde; il a mis égoïstement la vie de trop de gens utiles à la société en jeu. C’est juste que tant qu’à faire un cover-up, je trouve ça gros, un suicide par égorgement. Et je trouve qu’on relaie ça comme de l’info un peu rapidement, avec la mention “vraisemblable”.

N’en demeure pas moins que cette histoire est (vu d’en haut) un peu miraculeuse -si on se place du point de vue du peuple-, car personne ne semble savoir s’il y a eu des copies de la liste, si elle se retrouve dans  un serveur non sécurisé quelque part, si le crime organisé a pu mettre la main dessus. Et donc ça fait beaucoup de gens qui savent beaucoup de choses pour lesquelles on voudrait leur faire la peau.

Et, tiens donc, bientôt commence : la Commission Charbonneau.

Je ne vais pas vous faire un dessin.

Ne me méprenez-pas : les agents d’infiltration ont un travail pour lequel je les salue bien bas. Ce sont des surhumains de l’émotion et de l’esprit, et des gens de sacrifice. Mais là, s’il y a un risque que cette liste circule, ils sont brûlés, et tant qu’à être brûlés, pourquoi ne pas se mettre à table alors que la table est mise pour ceux qui ont des choses à dire?

Oui, mais les enquêtes et les arrestations?

Fuck les arrestations, on veut d’abord SAVOIR ce qui se passe. Et là, la nouvelle mode des procès de bandits qui corrompent l’État: on plaide coupable et la preuve est enterrée, et le peuple ne sait jamais. Alors fuck les arrestations, fuck les plaidoyers de culpabilité et les tapes sur les doigts, on veut le portrait global de cette escroquerie monumentale qui fait rage dans l’État Québécois. Que cette escroquerie arrête parce qu’on sait enfin comment ça marche. Voilà, comme citoyen, ce que je veux. Et s’il y a des arrestations à y avoir, je veux des “honorables” et des “très honorables” dans le tas, pas des petits Tony Mignacca qui étaient accompagné de personnes qui les accompagnaient.

Alors les indics,  finir en héros de la Nation plutôt que dans le fleuve?

 

 


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.