Publié par : Eric Bondo | 22 janvier 2008

La nation Québécoise: historique ou anecdotique?

FuturQuébec

On m’a raconté une anecdote intéressante. Un québécois parle avec un Taïwanais de l’indépendance de leurs peuples respectifs. Le Québécois, blasé de 40 ans de lutte pour la « souveraineté-association », demande au Taïwanais comment son peuple envisage la marche vers l’indépendance.

« Nous, à Taïwan, on pense que l’indépendance totale vis à vis de la Chine se fera à court terme.

-Et qu’est-ce que vous entendez par court terme?, demande le Québécois.

-Plus ou moins deux cents ans! », de répondre le Taïwanais, le plus sérieusement du monde.

400 ans, dans l’histoire des peuples, ce n’est rien. Les Chinois, par exemple, ont plus de 5000 ans derrière la cravate. Ça c’est de l’historique. Nos autochtones en revendiquent plus de dix mille, et sur notre territoire (et est-ce qu’on respecte ça, nous les vertueux de l’histoire et de la culture Québécoise?). Pas un petit 400 ans, encore moins 40 ans d’émancipation. Et si on veut vraiment revenir à notre histoire, eh bien, nous sommes des anciens Français mêlés à des anglais et des autochtones, qui furent d’abord Français, puis Britanniques, puis Canadiens, et enfin Québécois. Malheureusement, sur 400-500 ans (ce qui est déjà très court, à peine une vingtaine de générations), nous ne nous croyons Québécois que depuis 40 ans.

Qu’on me lâche avec notre super historique. Ce n’est encore qu’une anecdote.
Comme un coloc qui passe une semaine dans l’appart ou je vis depuis 15 ans et qui prétend avoir un histoire dans cet appart’ .

En fait, et ce n’est pas ce que je souhaite mais ce que je conçois, c’est que nous avons vécu socialement en anglais bien plus longtemps qu’en français. D’où le caractère exceptionnel de la situation très correcte du français aujourd’hui. De là à croire qu’on a une histoire. Quand on parlera de Hubert Reeves comme on parle aujourd’hui de Confucius, de Bouddha, de Dagobert, de Romulus et Rémus, peut-être pourrons nous utiliser l’argument historique pour défendre notre culture. Et de toute façon, quand 9 Québécois sur 10 ne connaissent même pas la date de la « Conquête », ni le nom du Général qui nous a foutu une raclée à l’époque, qu’on ne vienne pas me parler de cette grande histoire. L’histoire du Québec, elle est à faire, et sa langue est à faire rayonner. Or, notre culture est encore au berceau et certains voudraient qu’on lui donne les clefs du char.

Amusant. Très Nord-Américain comme perspective, je dirais…

Publicités

Responses

  1. WoW messieurs !!! Vous êtes en feu !!! Je suis tomber sur ce site par accident, au fait je cherchais des photos du dernier référendum et puis, BAMMM je suis tomber la-dessus, sérieusement vous avez tous les 3 de tres bon argument, c meilleur comme débat que tous ce que j’ai déjà vue a la télé…Ont sen que tous le monde connais bien son affaire !!! Bon ben c ca, je sais que le blog date de l’année passer et surement personne va répondre mais bon, ca valais la peine quand même !!!

    PS: Désole pour les fautes, je suis loin d’être professeur moi !!!!

  2. Ben voyons! Pour avoir le droit de se sentir québécois, faudrait tous avoir un diplôme universitaire en Histoire du Québec??

    Non pas que je veuille passer sous silence cette histoire, mais, je ne crois pas que de connaître le nom du général qui nous a foutu une raclée sur les plaines apporte beaucoup plus de cohérence dans le portrait de la bataille souverainiste.

    Certes, on ne peut pas non-plus taire cette histoire. Or, selon moi, ce n’est pas sur les plaines d’abraham que les souverainistes devraient aller chercher leurs « munitions ». Mais bien dans l’actualité.
    Que se passe-t-il avec notre gouvernement fédéral qui fait littéralement apparaître des milliards depuis quelques années pour : 1- L’armée et 2- Le pétrole de l’ouest (au détriment de l’économie manufacturière du Québec)?
    Que se passe-t-il dans ce beau pays BILINGUE alors que les francophones n’arrivent pas à bénificier de services dans leur langue sur la majeure partie du territoire?
    Que se passe-t-il avec la Banque Centrale du Canada qui s’aligne systématiquement, et en tous temps, au diapason de la FED américaine?
    Et que dire de la mouvance guerrière et surconsommatrice de l’hégémonie occidentale, dont fait partie le Canada? Est-ce bien cela que les québécois souhaitent? (Bon, peut-être que oui pour la surconsommation…)

    Partout où je regarde, je vois de l’opportunisme crasseux qui, sur notre territoire, se fait presque toujours au détriment des francophones.
    Même au hockey! Un francophone dans la LNH vit des temps durs. Dans ce monde, il n’est plus acceptable de dire « nègre », mais c’est parfaitement correct de dire « frog ». Allô le respect! Idem avec le port de la visière; la majorité des joueurs de la LNH ayant choisi la visière sont des québécois. Qu’est-ce que l’ensemble des joueurs anglophones en ont dit? « Fag frogs ». Câlisse…

    Si le respect débute par l’affirmation de soi, les québécois devront mettre les bouchées doubles car chaque fois que nous tentons de nous affirmer (différemment, de facto), nous nous frappons à une quelconque barrière imposée par un quelconque gouvernement fédéral ou un quelconque loyaliste shooté à la testostérone.

    Et, pour combattre cela, je crois que l’actualité a plus de valeur que l’histoire.

  3. Je ne dénigrais pas une partie ou une autre. Je disais simplement qu’on ne pouvait pas parler du sentiment d’appartenance à une grande histoire quand personne la connaît. Je ne disais pas que la grande histoire n’existait pas.

    Je voudrais que, dans le meilleur des monde, nous soyions véritablement conscients de notre histoire. Pas que nous n’ayions qu’un fort sentiment de frustration qui nous vient de l’inconscient, sans pouvoir vraiment mettre le doigt dessus, et donc sans pouvoir agir dessus.

  4. « (…) quand 9 Québécois sur 10 ne connaissent même pas la date de la “Conquête”, ni le nom du Général qui nous a foutu une raclée à l’époque, qu’on ne vienne pas me parler de cette grande histoire. »

    Ouin, tu y vas fort!
    Si tu es si déterminé à te cambrer dans un rôle d’observateur, ce qui, en soit, est un très noble objectif, sois « fair » avec toutes les parties.
    Pour le moment, à dénigrer un peuple comme tu le fais, t’as plus l’air d’un « turncoat » que d’un observateur.

  5. Super!

  6. Je crois avoir suffisamment dit que je ne donnais aucune priorité à une opinion ou une autre. Je fais don de ma perspective, par rapport à celle d’autrui, entre autres toi. Elle n’est ni meilleure ni moins bonne. Il y a la lutte et la non-lutte. Mon intuition me dit de ne pas lutter, je ne lutte pas et je contemple. Si je me sens bien là-dedans, si ça amenuise ma colère, ma déception, c’est la moindre des choses que de le partager.

    En faisant don de ce que je tente moi même d’apprendre ou de comprendre (et rien ne force personne), je me rends service. Et je fais don d’un autre point de vue à ajouter à la palette des possibles.

    Certes, il y a sûrement certains relents émotifs, on parle ici d’un work in progress, nul désir de ma part minimiser l’opinion d’autrui.

  7. Relativiser : Faire perdre son caractère absolu à (qqch.) en le mettant en relation avec qqch. du même genre, ou en le plaçant dans un contexte.

    Je ne vois pourquoi ma perspective serait moins importante que la tienne. Un contexte peut se poser à partir d’une personne jusqu’à la totalité de l’humanité.

  8. C’est assez simple. Depuis la question des accomodements raisonnables, il semble que les souverainistes cherchent des coupables ailleurs que chez eux-même (dont je faisais partie il n’y a pas si longtemps).

    L’histoire du Taïwanais m’a simplement fait prendre conscience du fait qu’un projet d’indépendance, dans un contexte historique, ça prend (à moins de circonstances exceptionnelles) plus de 40 ans. Le mouvement souverainiste devrait prendre son mal en patience et se féliciter des résultats (même fragmentaires) accomplis de cette très courte période de temps. Je ne nie rien. Je relativise.

    Actuellement, pour une raison que j’ignore (et je ne suis pas le seul), le mouvement semble carburer à la peur, à la colère, au désir de coercition plutôt qu’à l’espoir d’avenir meilleur. Est-ce une stratégie calquée sur celle de leurs adversaires fédéralistes? Je n’en sais rien. On sait pour sûr que Mme Marois veut rallier les extrêmistes passés à l’ADQ en vue de gagner les élections.

    Tout ce que ça me fait me demander : Est-ce que je veux être de ces souverainistes là?

    La réponse est sans équivoque : non. Est-ce que je deviens fédéraliste ou statu-quiste? Non plus. J’entre dans une zone où les deux se valent.

    De toute façon, les nouveaux enseignements que j’ai reçus me disent que le passé n’existe pas. Je n’ai donc aucune raison d’être révolté par ce qui s’est passé entre la colonisation et l’époque de mes parents. Ce qui se passe aujourd’hui n’est que le reflet de ce que nous sommes aujourd’hui.
    Nourrir de l’animosité face à un passé qui n’a pas grand chose avec notre situation actuelle, c’est refuser cet apprentissage nouveau.

    Est-ce que, comme Francophone dans un quartier multiethnique, je souffre de ne pouvoir vivre dans ma langue? Non. Est-ce la langue qui m’a coupé de certains emplois dans ma ville? Non. Plutôt la couleur, et seulement chez les employeurs francophones.

    Alors, où est-ce que je sens un besoin d’émancipation dans tout ça? Nulle part, en ce qui me concerne, sauf peut-être dans le but d’un projet social qui tourne autour d’autre chose que la langue et un fragment d’histoire. Et la Nation? Quand les gens voudront rayonner plutôt que lutter, je serai probablement d’entre eux.

    Pour l’instant, le guerrier en moi est mort et enterré. Est-ce un philosophe qui prend naissance? Peu importe.

    Votre bataille n’est plus la mienne. Au risque de me répéter (et c’est le cas) Je ne cherche pas à savoir qui a tort ou raison, je ne nie aucune des deux réalités. Je relativise.

    Et, compte tenu des agissements du souverainiste moyen, compte tenu de la pitoyable gestion du projet de société portés par ce groupe et de sa nouvelle tendance à carburer au confllit et à la peur, je crois qu’il y a matière à nuancer. Quand les fédéralistes ne carburent plus à la peur mais se moquent des souverainistes qui sautent des plombs de façon stratégique pour récupérer un lot de morons avec lesquels je ne construirais même pas un meuble IKEA, encore moins un pays, quand la stratégie indépendantiste (peur et affrontement) rejoint l’ancienne méthode des fédéralistes, je prends du recul.

    Mais posez vous la question : Pourquoi suis-je révolté, ici et maintenant?

    La réponse sera probablement la même que la leçon 10 que je viens de finir : « Mon esprit est préoccupé de pensées passées ».

    D’ailleurs, je vais publier les 10 premières leçons du cours que je suis dans un billet. Parce qu’on dit que pour apprendre, il faut enseigner. Pour recevoir, il faut donner.

    Ceci était le don d’une autre perspective.

  9. Statu quo, anti-souverainisme, dénigrement de la culture, arguments gonflés à l’hélium de l’Histoire, décontextualisation, déni, je ne te reconnais plus…


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :