Publié par : Eric Bondo | 12 septembre 2015

Tout ou rien

Beaucoup trop de trucs dans ma vie cette semaine, alors j’ai dérogé un peu à ma discipline d’écriture. Et les thématiques se bousculaient et je ne savais pas laquelle choisir : écrirai-je sur ces mâles dominants qui prennent plaisir à ce qu’une femme ne prenne pas plaisir en leur compagnie, ou sur ces gens qui répandent la haine dans la foulée de la crise de réfugiés qui secoue le monde, ou sur la théorie selon laquelle dans la vie, parfois c’est tout ou rien. Tiens, ce sera ça.

Parfois, on cherche du boulot, l’amour, des opportunités quelconques, et rien ne se passe. Rien. Du. Tout. Au point d’en déprimer plus d’un. Et puis, tout d’un coup, les opportunités affluent au point d’être embarrassé par la quantité de choix qui s’offrent à nous.

C’est pas mal le genre de semaine que j’ai eue. Celle où on se retrouve dans une mare de choix tout aussi intéressants que les autres, et où on parfois on doit absolument choisir, et d’autres fois on s’imagine qu’on doive choisir -ce qui n’est pas toujours une obligation immédiate- . Je me questionne toujours quand ça arrive : Est-ce parce qu’on dégage quelque chose de particulier qui se réflète dans les opportunités qui nous sont offertes, ou est-ce parce qu’on est dans un état d’esprit positif qui nous aide à mieux constater les opportunités et ainsi agir sur elles? Un jour, peut-être, la science nous le dira.

Cette semaine, j’ai dû faire des choix. J’ai accepté un boulot qui, au début, me tentait, mais pour lequel j’ai hésité jusqu’à la dernière minute. Je me disais même que si mon futur employeur refusait mes exigences salariales, j’allais apposer mon refus net. Or, non, au moment de conclure, l’offre était, bien sûr un compromis, mais qui me convenait parfaitement. La semaine de trois jours et demie avec un salaire très très décent. Qui me permettrait de bien vivre et de me consacrer à d’autres projets, notamment d’écriture. Le même jour, justement, un projet sur lequel je travaille et qui achoppait parce qu’il y manquait un élément essentiel, a finalement abouti et passe en seconde vitesse. Ça tombe à point tout ça, parce que je ne peux pas vous cacher que, bien que ce soit plus intéressant que d’aller au gym et que j’aie un certain talent pour ça, les travaux manuels, ça manque de réflexion, de stimulation intellectuelle. J’en retiens toutefois que lors de l’achat de ma première maison, je ne serai pas démuni du tout; je pourrai même économiser largement grâce aux travaux que je suis capable de faire. Et c’est parfait.

Vous auriez aimé que je vous dise que les opportunités sentimentales se sont aussi bousculées au portillon, mais ceci n’est pas un texte d’horoscope. Celà dit, fidèle à la théorie, de ce côté là aussi quand des choses se produisent, c’est encore tout en même temps. Hier, justement, je me suis fait poser la question à savoir combien de temps depuis ma dernière relation de couple, et j’ai réalisé que ça faisait un petit bout de temps. Deux ans, pour être exact. Avec quelques très courtes expériences infructueuses durant cette période, mais comme la dernière fois fut assez pénible, j’ai bien pris le temps d’en faire un post-mortem et, ce faisant, de venir à bout de certains patterns que nous avons tous et qui nous entraînent dans des relations fuckées et qui finissent par ne mener nulle part. Alors, sachant qu’en ma qualité d’homme, je peux concevoir des enfants jusqu’à cinq minutes avant d’entrer dans mon cercueil, et que tout indique que je ne deviendrai jamais un vieux conservateur fini, il n’y a plus rien qui ne presse de ce côté.

Si la chimie n’y est pas, ou à moitié seulement, si le parfum de l’autre ne m’enivre pas au point de presque en perdre la tête, c’est non; la passion et le désir s’éteindront assez vite, been there, done that, j’ai toute la collection de T-Shirt. De nos jours, une seule séance de french suffit pour m’en informer. Ensuite, ne plus rien forcer. Les personnes qui sont encore dans leur pattern et qui, pour cette raison, ne s’intéressent pas à nous, rien ne sert de les y forcer par un acharnement à leur faire la cour en espérant que… La seule récompense qui en ressortira sera celle d’avoir réussi à conquérir, suivie par le délicat problème de souvent devoir soi-même initier la rupture inévitable. Je le disais l’autre fois : À chaque torchon sa guénille. Si elle aime les musclés-tattoués-dominants, et que c’est pas toi, rien de bon n’en sortira. S’il aime les sado-maso portant des Birkenstock, et que c’est pas toi, danger…

Troisièmement, les flags. Si il/elle pète un cable parce qu’un serveur lui a refilé un ustensile avec une tache de savon dessus, ne peut pas conduire un kilomètre sans frustrer contre le monde entier, ou nettoie ses poignées de porte à chaque fois que tu y touches, ce sont des flags qui, à moins d’avoir vraiment d’envie d’être un support psychologique prêt à se faire bouffer tout son jus, méritent attention, et parfois, qu’on prenne ses jambes à son cou sans demander son reste. Et quatrièmement, l’amour est le domaine du coeur, pas de la tête. Bien sûr, tout passe par la tête, mais l’intellectualisation et la rationalisation du sentiment, (quand ça se passe bien, je dois préciser, pas quand les flags sont multiples, rouges et lumineux) peuvent être des obstacles au lâcher-prise minimalement requis pour une relation harmonieuse, et ce, ce sont des gens qui sont en couple et amoureux depuis plus de trente ans qui me l’ont appris. Des autres, je ne garde pratiquement aucun conseil; ils ont beau avoir une opinion, ils n’en sont pas plus des exemples à suivre.

Je pourrais en faire un essai complet tant j’ai eu l’occasion d’analyser les chassés-croisés amoureux, les miens et ceux des autres. Ce qui en ressort, par contre, c’est qu’on en apprend beaucoup plus sur soi à travers ces relations, que sur l’autre. Et qu’en bout de ligne, plus on en arrive à se trouver bien soi-même, plus les rencontres sont intéressantes, qu’elles soient de très courte durée, ou, comme beaucoup l’espèrent, longues et fructueuses.

Toujours est-il qu’en restant optimiste, en souriant, en ayant du plaisir, en rayonnant le bonheur et en éloignant de soi les personnes ténébreuses, même quand tout ne va pas pour le mieux du monde, je pense que ça se ressent par les autres, et je pense qu’on fait, même inconsciemment, certaines actions qui accélèrent le processus par lesquelles de nouvelles et intéressantes opportunités se présentent à nous. Qu’elles concernent les affaires, le boulot, les amours, ou tout ce qui fait que la vie ne manque pas d’opportunités d’émerveillement.

Les prochains mois seront fous. J’ai l’enthousiasme dans le tapis.

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