Publié par : Eric Bondo | 13 septembre 2015

Les suiveux.

En me levant, ce matin, couché en cuillère avec mon oreiller de spare, j’ai fait, comme tous les matins, la revue de presse de mon fil de nouvelles Facebook, et j’ai vu passer un truc sur le vote stratégique, ces fameux posts culpabilisants, en général rédigés par des Bloquistes ou des Péquistes. C’est un peu normal, quand tu vis dans un passé lointain ou t’as perdu la game de ta vie par un point en prolongation en 1995. Je sais, j’faisais partie de l’équipe. Le problème, c’est quand t’en reviens jamais, de t’être fait voler par l’argent, le vote ethnique pis, surtout, les enragés de la ville de Québec, en 1995, pis que là, chaque élection devient un moment où t’as l’impression que ton mouvement va encore s’en faire passer une, et donc qu’il faille proposer des stratégies pour accomplir quelque chose, genre faire tomber Jean Charest, ou Stephen Harper.

J’vais t’expliquer quelque chose, chère personne qui vient nous emmerder avec tes stratégies à la noix. La démocratie, le suffrage universel, qu’on soit ou non dans un système proportionnel, c’est pas une game de football. Tiens, je vais te poser une question. C’était quand, le dernier bon gouvernement qu’on a eu? Dans mon livre d’histoire, au provincial, celui de 1994 de Parizeau a été le deuxième meilleur, après celui de Lévesque en 1976, les deux ayant fait une bonne job parce qu’ils préparaient le gros move vers l’indépendance. Au Fédéral, je n’ai pas trop le choix de dire que c’était un de ceux de Trudeau, le père, qu’on aime ou pas sa façon de gérer les discussions constitutionnelles. Mais je vais pas te faire un cours d’histoire sur pourquoi un gouvernement était bon ou pas; je peux simplement te dire que ça fait au moins vingt ans que les gouvernements gouvernent pour les grandes banques, pas pour toi.

Ainsi, considérant que la moitié analphabète ne comprend rien à rien et va en général voter pour une des deux couleurs, j’ai depuis quelques années réalisé que c’est aussi ça la démocratie, des moins brillants, des émotifs et des conditionnés vont toujours refaire le même choix et ce sera pas le mien. Mais, résilient comme je suis et ayant fait très peu de choix qui m’affublent d’obligations, je peux très bien vivre sans être affecté par le gouvernement. Et donc, overall, je me contre-crisse de qui va gouverner, parce que c’est la masse qui va décider, et la masse et moi, on ne pense pas pareil. Jamais. On lit pas les mêmes affaires, on a pas les mêmes idées, on est pas conditionnés pareil. D’autre part, je regarde toujours ce qui me reste sur mon talon de paie, et non ce qu’on m’enlève, de la même façon que je ne me donne pas sans arrêt des coups de marteau sur la tête. Faque les promesses de baisse d’impôt…quand j’en voudrai, des baisses d’impôt, j’irai m’enregistrer aux Îles Caïman.

Bref, je vais en revenir au début. Après avoir longtemps été du genre à faire campagne et tenter d’éduquer du monde pour finir par faire gagner mes candidats préférés, aujourd’hui, je vote pour ce qui correspond à mes valeurs. POINT. Je ne vote pas pour débarquer quelqu’un, ou pour embarquer dans une pseudo-stratégie, je vote parce qu’on m’a donné le droit de choisir qui j’aimerais voir, dans un monde idéal,diriger mon pays, ma province, ma ville. MÊME S’IL NE GAGNE PAS.  Et je suis quand même chanceux, parce que même si aucun des partis pour lesquels je vote n’a le pouvoir sur ma ville, ma province ou mon pays, à la longue, ça a fini par fonctionner. Aujourd’hui, je suis représenté uniquement par des partis pour lesquels j’ai voté, sans réel pouvoir (sauf dans l’arrondissement) mais ça m’importe peu. J’ai au moins l’assurance d’avoir pris mes responsabilités à coeur, avec intégrité et je ne porte en rien l’incompétence des partis vedettes auxquels trop de mes concitoyens vendent leur âme. Les Libéraux provinciaux partent avec la caisse, couchent avec la pègre et coupent partout? Not my fault. Les conservateurs partent avec la caisse, coupent partout, voient des terroristes dans leurs céréales? Not my fault. Chiâle après ta grand-mère, après tes parents, après ton cousin qui a pas fini son secondaire si tu veux; j’ai rien à voir avec ça.

Depuis ce jour où j’ai réalisé que mon vote m’appartenait et que la responsabilité des gouvernements de merde appartenait à ceux et celles qui les avaient élus, je suis satisfait de la démocratie. On oblige les gens à répondre à une question d’habileté mathématique avant de gagner un café au McDo, mais n’importe quel taré peut voter juste en montrant une pièce d’identité? Comment pensez-vous qu’on a de chances d’être bien gouvernés un jour?

Les groupes de pression et les autres s’époumonnent à vouloir éduquer l’inéduquable. Regardez-les, depuis toujours, qui répètent les mêmes discours, en vain, mais qui ne s’épuisent jamais. Logement sociaux, traitement des aînés, aide sociale, éducation. Un A pour l’effort, un F pour la répétition de stratégies foireuses, chers Mères Thérésa. Le conditionnement se fait par voie médiatique, avec la répétition massive de conneries auxquelles le pas vite adhère, pas parce que ça n’a pas de sens, mais parce que c’est répété en boucle et qu’il ne sait pas comment se protéger du conditionnement.

Heureusement, d’ici quelques années, les petits jeunes, moins TV et plus Internet, vont être plus nombreux que toutes les autres générations à voter. On le voit avec la montée de certains partis, plus verts, moins corrompus, moins langue de bois. Il paraît que c’est pour 2018. À ce moment-là, les choses risquent de changer.

En attendant, tes belles stratégies, cher ami, tu peux les garder pour toi. Mon droit de vote m’appartient, et à moi seul, et en plus -et t’avais peut-être oublié- il est secret.

Ce qui fait que : 1. Il ne te regarde pas. 2. Ce n’est pas un pari sportif. 3. Cherche toi un autre suiveux, t’en trouvera pas par ici.

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