Publié par : Eric Bondo | 2 janvier 2017

2017 : Courage et ouverture

Qu’est-ce que je pourrais bien te souhaiter cette année que j’ai pas fait l’année dernière? Sérieusement, j’en ai aucune idée. J’aimerais ça te souhaiter l’amour mais t’as peur d’aimer (ou de l’être) et t’as peur d’avoir mal. J’aimerais ça te souhaiter un bon gouvernement mais t’as peur de changer tes habitudes électorales. J’aimerais ça te souhaiter une planète propre mais t’as peur de manquer quelque chose sans ta surconsommation et ton VUS qui te sert à sortir de la ville gros max une fois par mois. J’aimerais ça te souhaiter de régler tes bibittes mais t’as bien plus peur de les affronter que de vivre avec. Je pourrais bien te souhaiter la santé, pas celle qui s’exprime par un pseudo-équilibre entre tes vices et tes vertus (je bouffe 10 000 calories par jour mais je vais au gym), le tout agrémenté de cocktails d’antibiotiques, d’antidépresseurs ou d’alcool, quand ton corps ou ton esprit te lâche pour te dire de prendre un break mais que tu peux (ou veux) pas. Comme la plupart d’entre nous, il n’y a rien que tu trouve plus horrible que de te remettre en question.

En ce qui me concerne, je me remets en question plus souvent que je ne pisse. C’est une seconde nature. Ça ne fait pas de moi un être angoissé par la vie, au contraire, ça me permet de rester à jour avec qui je suis et qui je veux être. Ça m’a évité de me perdre dans une vie, une routine, une job que j’aime plus après x nombres d’années. Bien sûr, je n’ai peut-être pas la sécurité à laquelle aspire tout être humain déraciné, mais j’ai d’excellentes racines et la souplesse de résister aux tempêtes sans craquer.

J’ai peur, comme tout le monde, de certains trucs. Mais dans le domaine du possible, je refuse que ce soit ces peurs-là, surtout les irrationnelles, qui déterminent ma vie. La peur du manque, la peur du rejet, la peur de la mort, la peur de ne pas être à la hauteur, et les autres . Heureusement, j’ai bonne mémoire, et c’est peut-être ce qui me libère. Je sais me rappeler de quand je suis à la hauteur, je sais que bien des objets et des gens auxquels je me suis attaché font leur temps dans ma vie puis la quittent, et parfois reviennent, alors j’encaisse le coup et je lâche prise en faisant confiance au temps.

Alors tant qu’à te souhaiter des voeux honnêtes mais creux comme on le fait tous sans vraiment y croire (ça ressemble plus à des prières qu’à des voeux et généralement ces voeux sont directement issus du cathéchisme capitaliste : succès, réussite, santé), je vais nous souhaiter deux choses. Simples mais qui en englobent tellement que juste avec ça le monde sera meilleur.

Courage et ouverture. Je te souhaite le courage de regarder au fond de toi-même et de te demander à quoi tu sers en ce bas monde, et à quoi tu VOUDRAIS servir. Est-ce servir les intérêts d’une corporation inhumaine? Est-ce servir un gouvernement corrompu et créateur de problèmes plus que de solutions? Est-ce utiliser ta créativité pour capitaliser sur la vulnérabilité de ton voisin? Est-ce simplement sortir du lot et te foutre que collectivement on approche d’un mur?

Ou est-ce apporter ton grain de sel pour rendre le monde meilleur, même si ça t’oblige à renoncer à d’autres choix de vie que tu avais faits, à faire d’autre choix quant aux sources d’information et de connaissance auxquelles tu t’abreuves pour mieux agir par la suite sur le monde?

On le sait maintenant, les réseaux sociaux ont transformé l’information en une vaste entreprise de flattage dans le sens du poil. Dans ce merveilleux multivers virtuel, on peut vivre dans un monde qui ne ressemble en rien à la réalité. On peut choisir de ne croire que ceux qui disent ce qu’on pense, sans vérifier que ce soit vrai ou non. On peut s’inventer un monde complètement illusoire et y vivre sans que rien ne puisse l’affecter, si ce n’est qu’une voix intérieure qui hurle à l’occasion que ça n’a pas de sens. Et quand elle crie trop longtemps sans qu’on ne l’écoute, généralement, c’est là qu’on tombe malade.

Continuer dans cette direction là, c’est hypothéquer l’avenir de l’humanité. Le changement n’est pas seulement nécessaire, il est indispensable.

Par exemple : Trump n’est pas le mal de la société américaine. Il est un symptôme. Symptôme d’une société ignorante de ou dépendante à ce qui la régit, et là je ne parle pas que des partisans du bonhomme; je parle aussi de ses opposants. Je ne me ferai pas de nouveaux amis en disant que ceux qui ont voté pour Trump l’ont fait surtout par mépris (très mérité) de ceux qui refusent toujours le changement, quitte à accepter indéfiniment les travers du statu quo. Que ce soit ceux qu’on qualifie de plus conservateurs qui décident massivement d’un changement radical est en soi une évolution.

J’aurais bien aimé que cela provoque chez tout le monde une sérieuse remise en question de la politique, de la façon d’informer le monde, des conflits d’intérêt entre différents acteurs de la société, mais non, sauf exceptions, la majorité se braque sur ses vieilles position et répète ad nauseam des mantras composés d’idées reçues. Les grands médias au premier rang, suivis des « politisés »; frustrés de ne pas avoir pu influencer à leur guise l’électorat (ce qui est en soit une révélation qui devrait secouer la cabane), se sont entendus pour éliminer toute forme d’information alternative à la leur, sous prétexte que ce qui sort de leur bouche est vrai, et ce qui n’en sort pas est faux. Ce serait merveilleux si on avait facilement accès à une information complète. C’est dégueulasse quand on sait que c’est loin d’être le cas, à moins de faire des heures de recherche pour vérifier chaque article de journal. Je l’ai fait. C’est épuisant. Mais nécessaire. Et heureusement, on est des millions à ne plus vouloir croire sur parole, à demander des preuves de tout. à raisonnablement douter des messagers. Assez, peut-être pour atteindre une masse critique. Moi ça me rassure. L’élection de Trump, c’est le cadeau qu’une partie de la population qui en avait sa claque a offert au reste, pour lui dire : « tu fais tellement tout le temps des choix de merde qu’on va te le faire payer pour une fois. Très cher, même, en espérant que tu vas te dompter. »

Voilà le pourquoi de mes souhaits du nouvel an : courage et ouverture. Que ce soit en amour, en politique, dans le travail, bref dans toutes les facettes de ta vie, je te souhaite d’avoir le courage et l’ouverture de regarder les choses en face, de questionner quand tu doutes, d’ouvrir ton esprit à de nouvelles idées pas faciles à digérer. De prendre des risques dont celui de suivre ton intuition profonde. Même si t’as étudié 20 ans un sujet, même si chaque peine d’amour t’as donné l’impression que la vie était finie, mêm si on t’a répété que tu devais prendre le monde tel qu’il était, même si certains te disent qu’il n’y a plus d’espoir, que mieux vaut juste travailler à éviter de souffrir. Je te souhaite de faire « fuck that! ».

S’il y a un enfer, c’est probablement un endroit où rien n’a changé depuis des millions d’années parce que tous qui y résident ont tellement peur d’avoir mal qu’ils ne bougent jamais d’un centimètre. Des milliards d’âmes immobiles pour l’éternité.

Moi, j’aspire au paradis, même s’il y a des ronces et des bêtes sauvages dans le chemin. Je t’invite avec moi. Égratignures garanties, mais après on va tellement filer mieux.

Bonne année!

 

 

 

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