Publié par : ebondo | 29 janvier, 2010

Le meilleur ami de Stephen

Il y a un truc qui m’échappait. Comment un gouvernement minoritaire comme celui de Stephen Harper pouvait-il régner de telle façon sur le Parlement Canadien depuis son élection?

La réponse, je l’avais oubliée. Le seul danger auquel Stephen Harper et les politiciens avaient vraiment fait face, c’est il y a un peu plus d’un an. Depuis, Stephen Harper jouit d’un allié de rêve et de taille comme il n’aurait jamais pu l’imaginer -à moins que, bien sûr,  tout ça ne fusse arrangé- et j’ai nommé ici : Michael Ignatieff.

Ignatieff est un peu l’équivalent du duo John McCain/Sarah Palin face à Stephen Harper. Incapable de véritablement s’attirer la sympathie du public, inodore, incolore, sympathique à des enjeux qui sonnent faux, surtout au Québec, je serais étonné de voir Michael Ignatieff changer du tout au tout et convaincre le Pays qu’il est l’homme de la situation. Même avec les meilleurs faiseurs d’image au monde. Les siens auront à tout le moins réussi à convaincre les militants libéraux, et pour ça, le Parti paie le gros prix à l’heure actuelle.

Je vous rappelle qu’il y a environ treize mois, Stephen Harper allait être renversé par le Parti Libéral, allié aux Néo-Démocrates et aux Bloquistes. Aujourd’hui, Stephen Harper vogue comme un vrai pilote avec, lui, les deux mains sur le volant, amène le  pays où lui seul le veut, faisant disparaître le peu qui restait de notre image de marque, suscitant les craintes de la presse, suscitant la grogne des citoyens un tantinet politisés. Pendant ce temps, Michael Ignatieff fait quoi? Son gros possible, sûrement. Peut-être ses faiseurs d’image lui ont-ils fait entreprendre un programme d’entraînement, de blanchissage dentaire, lui ont-ils trouvé une nouvelle styliste, font-ils des scéances de brainstorm sur ce que devrait être sa prochaine coupe de cheveux?

Des cours de chants peut-être Boss?

Euh, pourquoi?

Ben, pour lui donner du tonus.

Elle a pas de tonus ma voix?

Bien sûr.

Bon.

Ok Boss, on laisse faire les cours de chant. Guitare, peut-être, comme Jack?

Non. Flûte.

Flûte?!? C’est pas un peu…étrange, flûte?

Comme les Mexicains dans les centres commerciaux.

C’est des Péruviens,  pas des Mexicains.

Whatever, flûte ce sera.

Ok Boss.

File:Pan flute played 2.jpg

Pendant ce temps, nous, pauvres Canadiens, sommes pris avec Stephen Harper comme Premier Ministre, et rien n’y peut rien. Parce que Michael Ignatieff a dit tout de go, lors de son entrée au Parlement, qu’ IL N’Y AURAIT JAMAIS DE COALITION avec les autres partis d’opposition. Il devait penser, à cette occasion, que ses faiseurs d’images allaient réussir à séduire le Canada comme ils avaient réussi à bourrer les militants libéraux. Bigue mistèque. Trop plaaaate. Et donc,  Ignatieff n’aura jamais le niveau d’appuis nécessaire pour pouvoir défaire le gouvernement et remporter les élections qui suivraient, peu importe ses positions sur l’Assurance-Emploi,  sur l’économie, sur les sables bitumineux, etc etc. Mais le monsieur, au lieu de saisir la seule opportunité possible qu’il a de devenir Premier Ministre, la seule je dis bien, eh bien le Monsieur il s’entête. Un autre tête de cochon!, comme dirait je ne sais trop qui. Et ses militants, réalisant qu’ils sont aujourd’hui beaucoup plus loin du pouvoir qu’ils ne l’étaient avec Stéphane Dion, nagent dans la complaisance en attendant un effet Ignatieff aussi improbable qu’un effet Carey Price. L’orgueil mâle dans toute sa splendeur.

Ignatieff devrait donc piler sur son orgueil et se contenter de faire ses classes comme Premier Ministre dans un gouvernement de coalition, ou attendre que ses militants se fatiguent et lui montrent la sortie. Certains parlent de son action remarquée au Parlement depuis la prorogation, à travers des forums et des réunions quelconques. Ah bon. L’effet Ignatieff doit être si fort que je fais inconsciemment abstraction de tout ce qui le concerne. Et je ne semble pas être le seul.

Mais tous parlent sans cesse de Stephen Harper. Et ça, on ne peut pas passer à côté.

Alors, à l’intention des militants libéraux fédéraux : vous vous rappelez les paroles de Pierre Pettigrew concernant les chefs souverainistes? Eh bien, entre vous et moi, renoncer au pouvoir si proche en s’accrochant à de vains espoirs de l’avoir pour soi seul, plutôt que de le partager, c’est loser avec un immense L. Comme dans Mike-L.

Publié par : ebondo | 20 janvier, 2010

Haïti et le racisme.

Haïti après le séisme. (from mirror.co.uk)

Avant de commencer, je dois quand même dire que je suis pour l’aide d’urgence apportée à Haïti, pour l’aide apportée aux gens dans la recherche des membres de leur famille.  Mais ce n’est pas de cela dont je veux parler, mais bien du problème structurel causé par notre relation, nous les  gens de l’hémisphère nord,  avec les pays pauvres de l’hémisphère sud, excepté Haïti, bien sûr, qui est de notre côté du globe…Je souhaite de tout coeur qu’au delà du drame qu’on nous présente, nous acquérions une conscience du drame quotidien de la majorité des humains du globe.

Il y a peut-être quelque chose d’intéressant à ce qui se passe dans les médias à l’heure actuelle. De une, le déferlement interminable d’images d’horreur, les cris, les pleurs et les grincements de dents, font que je n’ose plus vraiment allumer la télé. Saturation. Considérant que l’outil d’abrutissement par excellence est cette boîte qui nous dit comment vivre, comment nous sentir, ce qui est bon ou non pour nous, peut-être que, dégoûtés pendant un temps, les gens recommenceront à se parler et à se poser des questions, et y prendront goût.

De deux, puisqu’on aborde le sujet de se parler, j’ai entendu parler , entre autres sur le facebook de mon amie Cécile de lignes ouvertes où les citoyens exprimaient leur réticence à accueillir les membres de familles de ressortissants Haïtiens au Québec, même que l’agressivité des propos a provoqué un malaise certain au sein de l’auditoire et en studio. Ce qui m’amène à enfin exprimer le malaise que j’avais face au drame Haïtien du jour.

Certains choisissent de voir les arbustes à l’orée de la forêt, d’autres préfèrent regarder la forêt. Je suis de ceux là. Dégoûté une fois de plus de voir jusqu’où peut aller l’exploitation médiatique de l’horreur, et surtout, au-delà des morts, des photos de disparus, du sentiment d’angoisse qui habite la communauté haïtienne, encore une fois, je me demande : pourquoi avoir oublié Haïti? Pourquoi oublions-nous TOUJOURS Haïti (ou l’Afrique) dès que le spectacle médiatique cesse? Papa Doc, Bébé Doc, ouragans, crise alimentaire dûe à notre nouveau trip de carburer au biocarburants, name it. Je pleure Haïti depuis que je suis sorti du ventre de ma mère, bâtard! Ça fait crissement longtemps qu’on sait que les Haïtiens crèvent de faim, de soif, de savoir. Mais là, parce qu’on nous garroche ça à la sauce Star Wars : Boom! Crash! Ow!, du sang, des cris, des noirs blanchis de poussière, soudainement, on s’émeut, on se lance dans de grands élans de générosité en pitonnant pendant 30 secondes. Subtilement, je vous le dis, nous n’essayons que de laver le sang que nous avons sur les mains.

Haïti avant le séisme.

Faudra-t-il que tous les pays pauvres se fassent exploser la gueule ou aient la chance d’être frappé par un cataclysme digne de visibilité médiatique internationale et durable pour réaliser que nous, les gens du Nord, vivons sur un miniature ilôt de confort qui ne repose que sur notre capacité à maintenir (généralement de façon diplomatique, commerciale et militaire) le reste de la planète dans la précarité, Haïti y compris? Et que le message que nous envoyons aux miséreux de la planète est celui-ci : Faites-nous un bon show et vous aurez du cash! On va mobiliser le public autour de votre cause. Vision Mondiale a compris ça depuis longtemps. Bientôt, en direct de la République Démocratique du Congo : Genocid Jungle, la plus récente téléréalité. Vous tiendra en haleine d’un épisode à l’autre. 6 millions de morts en 10 saisons!

Sweatshop (http://www.treehugger.com/files/2009/03/could-in-sourcing-labor-be-solution-american-manufacturing.php)

Se payer des télés 100 pouces, des oranges à 2$ pour 6, des diamants bon marché, des téléphones cellulaires GRATUITS avec un forfait et qu’on jette aux six mois parce qu’y en a un autre plus hot ou parce qu’y (ou le chargeur) pètent, se gaver de sucre (eh non, le sucre ne se ramasse pas à la pelle sur des plages du pays d’Oz!), de chocolat, de café, de rhum, de tequila, de mangues, crouler sous des piles de jouets, de vêtements, de vis et de clous, de produits pharmaceutiques et de dope, tout ça a un prix : la tragique souffrance de la grande majorité des humains.

Point.

Nous le savons tous;  je vous le rappelais gentiment.

L’humain a transformé son interprétation de la loi première de l’évolution des espèces en idéologie : la loi du plus fort. De cette idéologie origine cette guerre interminable entre les hommes (au sens masculin du terme, la plupart du temps) de couleur de peau différente. Personne dans nos sociétés civilisées ne se questionne sur pourquoi des sociétés culturellement avancées avant la colonisation et possédant les plus grandes richesses naturelles de la planète, pourquoi de telles sociétés vivent dans un chaos quotidien tel que seul l’enfer devient une base de référence. Étrange, n’est-ce pas? On préfère se cacher hypocritement derrière la possibilité que ce ne soit dû qu’à une incapacité culturelle et génétique à gérer une société.

third world debt

L'Afrique, continent le plus riche du monde...(http://www.jubilee2000uk.org/)

Alors quand le racisme s’exprime candidement, sans cette violence sournoise et hypocrite qui caractérise ma société (et moi avec, par association), c’est à ce moment que j’ai espoir. Pour Haïti, pour l’Afrique. Parce que si le débat sur le racisme permet d’éduquer, de nous amener à comprendre nos différents et nos craintes historiques, à les définir, à les exprimer, sans se taper sur la gueule, alors les gens comprendront comment le racisme a été instrumentalisé comme fondement d’une économie barbare et sanguinaire, à côté de laquelle Al Quaeda n’est que le refrain d’une chanson pour enfants.

Que le racisme sorte au grand jour et avec honnêteté, qu’on puisse véritablement en faire le constat. Tant qu’on le réprime, on se berce dans l’illusion d’une société non raciste, mais qui condamne l’immigrant diplômé et qualifié à chauffer des taxis et faire cuire des burgers, à se voir refuser des logements hors des ghettos, à ne pas savoir que les Québécois trouvent qu’un tel ou un autre sent le swing, et j’en passe. C’est aussi le moment de constater le portrait que se sont fait bien des gens à travers la lunette des médias. Et, ne vous inquiétez pas, le racisme, il est de tous les côtés; même le noir, l’autocthone, l’asiatique, méprisent le blanc et se méprisent entre eux. Les Tutsis méprisaient les Hutus parce qu’ils étaient plus noirs.

Devant une telle situation concernant un pays comme Haïti, le monstre du racisme ne pouvait pas rester silencieux, mais ce faisant, il pourrait devoir se mettre à découvert.  Mais c’est un gros monstre, qui dépasse la petite histoire du Québec. C’est l’histoire de la relation entre les homme (au sens masculin du terme) de couleurs, de langue et de culture différentes. Oh oui, on a fait des progrès, individuellement, et, à certains  égards, collectivement. Mais le monstre est toujours en vie, tire toujours certaines ficelles et, dans l’ombre, continue de propager ce mensonge absolu qu’est la suprématie d’une couleur de peau sur une autre.

Et ce mensonge n’est qu’une variable du même mensonge affirmant la supériorité de l’homme sur la femme, du voyant sur l’aveugle, etc. La différence comme source de conflit et non d’évolution.

Pour l’instant, ce n’est pas seulement Haïti qui est à pleurer. C’est nous tous qui le sommes. Mais bon, après une bonne crise de larmes, on se sent en général libéré. Alors en pitonnant pour donner votre 5$, prenez aussi le temps de regarder autour de vous, et de prendre conscience de la provenance des choses qui nous rendent, à nous, sur notre îlot de confort (îlot dans l’ilôt; la pauvreté crasse existe aussi ici), la vie un million de fois plus facile.

Et là, on ne parle que de la pointe de l’iceberg. Mais je veux pas parler ici du système monétaire. Personne ne veut en parler, et je manque de temps.

Publié par : ebondo | 3 novembre, 2009

Avant de faire vacciner vos enfants…

J’ai reçu le lien et le message suivant ce matin :

« Quel plaisir de vous annoncer la sortie DVD du film percutant « SILENCE ON VACCINE » ! IMPORTANT : L’ONF a permis la sortie du documentaire sous condition qu’aucune personne, aucun commerce, ne puisse acquérir le film pour la revente. De plus aucune publicité ne sera faite pour faire connaître la sortie DVD. Conséquemment la population ne sera pas informée de la sortie du documentaire. Pour cette raison, je vous remercie de faire parvenir ce courriel à tous vos contacts, que l’information circule, et que la sortie du documentaire ne reste pas sous silence. Il faut cliquer sur chaque minutage sous l’écran si nécessaire pour visualiser tout le documentaire de l’Office Nationale du Film. »

Cinquante minutes qui pourraient vraiment vous sauver le cul…

Publié par : ebondo | 6 octobre, 2009

Franchement, Monsieur le DGE…

Chouin

Eh bien voilà. Je sors de ma torpeur littéraire. Je ne sais pas à combien de millénaires remonte mon dernier billet, et ce serait une longue histoire que de vous expliquer pourquoi. Principalement, c’est que je fais maintenant deschroniques vidéo pour repère.tv, en compagnie de gens extraordinaires qui emplissent ce site, semaine après semaine, de perles de sagesse.

Cependant, la vue des dernières publicités du Directeur Général des Élections (DGE) du Québec m’a d’abord flatté l’égo, puis sérieusement insulté. Car une semaine auparavant, je consacrais ma chronique à une revendication pour qu’une case du bulletin de vote soit réservée aux abstentionnistes. « Aucun de ceux qui se présentent! »La chronique en question est ici (d’où le flattage d’égo).

Sérieux, ces pubs du DGE me font chier. De un, on nie avoir copié Mongrain, que, personnellement, j’apprécie, quand bien sûr je tombe sur lui à la télé. Voyons, je suis bien conscient qu’il existe des pâles copies du personnage, mais celle du DGE crève les yeux.

De deux, on tente de nous culpabiliser en nous faisant croire que plus de gens s’abstiendront de voter, plus ce sera le chaos. Euh, c’est déjà le chaos ; pas besoin de voir mes poubelles traîner durant des semaines pour comprendre que rien ne tourne rond au niveau local, provincial, fédéral et international.

La suite de ce billet s’adresse au DGE et son équipe…mais régalez-vous.

Monsieur le DGE, le paysage politique Québécois (c’est pire ailleurs mais bon, je n’y suis point) est une merde. Je pourrais manger trois douzaines d’épis de maïs et je n’arriverais pas à excréter l’ampleur de l’image que j’ai lorsque vous m’invitez, sur ordre des politiciens, à voter pour rien qui ne vaille. Mais, dans votre superbe logique, vous avez oublié qu’il existait une possibilité selon laquelle aucun des partis ou des candidats indépendants ne correspondrait à ce que je m’attends d’un représentant du peuple. Vous avez tout simplement omis la possibilités que nous soyons très, très, très nombreux dans cette situation. Si nombreux que vous avez jugé bon d’intervenir de façon  musclée, stupide mais musclée, comme si vous étiez convaincus que c’était par paresse ou mauvaise foi qu’un trop grand nombre de citoyens ne se déplaçaient pas pour voter.

Ainsi, donc, vous tentez de nous faire sentir coupable de ne pas à tout le moins aller produire un bulletin de vote qui ira directement aux poubelles, et donc qui ne changera absolument rien à la donne. Entre moi qui ne vois rien qui me représente, et l’autre qui ne sait pas faire un X d’un centimètre carré sans dépasser sur l’autre case, il n’y a aucune différence. Pourquoi donc dépenserais-je ne serait-ce qu’un kilojoule pour cet exercice stérile?

C’est pourquoi, Monsieur le Directeur Général des Élections, vous et votre équipe insultez mon intelligence, par vos menaces voilées et votre tentative de transformer le désintérêt démocratique (hum) en accident de travail ou accident de la route (comme le font la SAAQ et la CSST).  Il n’y manquait plus qu’un robot géant à l’apparence de Barbara Streisand détruisant tout sur son passage et vos spécialistes du marketing auraient dépassé les limites de l’ingéniosité en matière de tentative -vaine- de culpabilisation des masses.

Si ma perception de votre intervention,  ainsi que ma perception des causes de l’absentéisme électoral, sont justes, alors soit vous nous mentez, faisant fi des causes réelles de cet absentéisme, soit vous passez beaucoup trop de temps dans votre bureau.  Parce qu’entre vous et moi,  tant qu’à se faire rouler, autant ne pas se sentir coupable d’avoir voté pour ça. En plus que vous savez très bien qu’au lendemain d’une élection où personne ne serait allé voter, ce serait business as usual : Monsieur le DGE, les politiciens changent, les fonctionnaires et les corrupteurs restent, vous ne saviez pas ça?

Bref, donnez moi ma case « Aucun de ceux qui se présente » et j’irai fièrement voter. Parce qu’entre un politicien avec un fusil sur la tempe et un autre politicien avec un fusil sur la tempe, je préfère ne rien avoir avec ça, et, dans ue démocratie idéale, pouvoir faire en sorte que ça se sache. Si vous n’avez pas eu suffisament de colonne pour faire changer le système électoral Québécois en un système qui corresponde plus à la volonté populaire, soit le système proportionnel, n’ayez au moins pas la prétention de vouloir exercer quelque autorité sur le peuple,  surtout pas en criant au loup comme un enfant de cinq ans.

Vous devriez vous excuser auprès de la population pour l’avoir infantilisé de la sorte. Parce que c’est de mauvaise foi, de très mauvaise foi. Ce n’est pas moi qui vais faire en sorte de donner malgré moi de la légitimité à un système que je considère salement pourri, peu importe ce qu’en pense le système lui-même. Et, à voir le taux d’abstention, je ne suis pas tout seul. Ce qui fait que si par le plus grand des hasards, une colonne vertébrale vous a poussé dans le dos, vous devriez vous en servir pour dénoncer l’ineptie de notre système électoral plutôt que pour bardasser la population, qui ne vote pas, je vous le répète, parce qu’elle n’en a rien à cirer de vos pantins…

Bien à vous.

Publié par : ebondo | 20 avril, 2009

Signes de vie.

click on the picture to see this image in its context, thx to www.lasvegaslogue.com

Léconomie perd tout son sang/sens

Même si mon milieu de travail se porte à merveille, même si je vis le parfait bonheur dans ce que je fais de mon existence, un fond d’inquiétude revient me hanter. Je sais, le Canadien fait les séries, c’est le printemps, et toutes ces choses qu’on aime vivre durant l’année. Pendant ce temps, se produit une crise économique comme les deux dernières générations n’en n’ ont vécue de leur vivant. Tout ce que nous savons de la dernière, ce sont des bribes nous venant de nos grands-parents, des histoires de gens qui se jettaient par les fenêtres de Wall Street. Sauf que cette fois-ci, à ce que je semble constater, les gens de Wall Street ne se lancent pas par les fenêtres, c’est notre argent qu’ils jettent par les fenêtres. Ils ont pris la population en otage et réclament de plus en plus notre argent. Où va cet argent, qui devait servir à rétablir le prêt interbancaire, qui ne semble pas vouloir se rétablir? On nous gave d’histoires de compagnies qui ne peuvent plus acheter à crédit, de pertes d’emploi, des histoires de gens qui perdent leur job et se lancent dans des tueries.

Consommez!, nous dit-on, où ce sera pire. Et de grâce, n’utilisez pas vos économies -laissez les perdre 50% de leur valeur plutôt-, empruntez et continuez à consommer sinon tout va s’effondrer!

Cela vient de la bouche même de ceux qui sont responsables ou complices implicites de la crise elle-même. Quelles magnifiques sources auxquelles se fier.

Trop tard… Le peuple a peur, conserve ses deniers, replace ce qui lui reste d’économies dans des placements plus sûrs. Qui dit baisse de la consommation dit pertes d’emploi. Et qui dit pertes d’emploi dit baisse de la consommation. Et si on continue de supporter des compagnies dont les gens n’achètent plus les produits, autant mettre le feu à notre argent.  Pendant ce temps, les spéculateurs encaissent sur les énormes fluctuations presque quotidiennes de la bourse. Vous voulez faire un paquet de fric par les temps qui courent? Dès que vous entendez parler d’un nouveau plan de relance et que la bourse s’effondre, achetez! Dès l’annonce de l’aide gouvernementale,   vendez et faites vous un paquet de fric! Rincez, répétez.

Tout ça pour dire que, oui, moi aussi je me crois complètement impuissant devant l’ampleur du racket, devant l’étroite collaboration entre nos dirigeants politique et la haute finance, mais on ne peut pas rester comme ça dans le train qui nous amène à un endroit où on  ne veut vraiment, mais vraiment pas aller! Les responsables continuent d’empocher la totale, cette fois-ci avec beaucoup de nos impôts. Et ça ne repart pas, étrangement, ça continue de chuter. La musique joue encore, mais le party est sur le point de manquer de boisson, le DeeJay a mis un CD est s’est poussé, la machine a interac ne prend plus les cartes parce que le système est en mode « entretien hebdomadaire », les lumières commencent à augmenter d’intensité et les portiers vous regardent d’un air intimidant. Fin du party, rentrez vivre votre gueule de bois chez-vous.

J’ai ressassé l’idée dans ma tête mille et une fois et je ne vois à l’heure actuelle aucune fin heureuse à la présente crise, de la façon dont elle est gérée. Comme disait l’économiste Joseph Stiglitz : « C’est comme si on transfusait du sang à une personne qui souffre d’hémorragie interne. » Les pronostics sont mauvaise. Je ne vois aucune solution à part commencer par cesser de jeter les fonds publics à la poubelle. Comme le disait Madame Jérôme Forget à une époque, elle ne fait pas apparaître de l’argent avec une baguette magique. Aujourd’hui, citoyens ordinaires que nous sommes, on peut rétorquer la même chose. Et en plus, on sait où est l’argent,   et ce n’est pas dans NOTRE tiroir.

Alors je vous invite à réfléchir sérieusement, pendant les pauses publicitaires durant les séries, à cet état de choses, et vous poser la question à savoir si vous devriez faire quelque chose, ne serait-ce que d’en parler à votre voisin, collègue, conjoint, et de vérifier que nous ne sommes pas seuls à trouver les choses louches. Quand tout le monde saura qu’en bout de ligne nous le savons tous -simplement qu’on n’ose le dire parce qu’on a pas de solution-, à ce moment il y aura bien quelqu’un qui trouvera un moyen d’arrêter l’hémorragie. Et on sera prêts, espérons-le, à bouger.

En attendant, puisque je gagne ma vie à gérer le party, je retourne être un vecteur de bonheur immédiat, qui est sûrement mieux que pas de bonheur du tout.

Publié par : ebondo | 16 mars, 2009

De la brutalité…

Dans la vie, j’ai tendance à analyser en termes comptables le pour et le contre de certaines situations, c’est à dire en comparant la valeur des choses selon une estimation chiffrée. Et une chose qui me désole, c’est que la grande majorité des gens ne savent pas compter, encore moins accorder de valeur aux événements qu’ils critiquent. Ce qui m’amène à la manifestation d’hier contre la brutalité policière.

Si aujourd’hui, nous disposons d’un système public d’éducation, d’un système public de santé, si les femmes ont le droit de vote et presque l’équité salariale, c’est parce qu’à un moment donné, certaines personnes ont fait : « C’est assez! », se sont levés debout et ont fait face aux autorités. À l’époque, ces mêmes personnes ont probablement été taxées de « voyous » ou de « lesbiennes frustrées ». Ce qu’on observe aujourd’hui, c’est que de jeunes exclus, criant à l’injustice et fracassant quelques vitres, sont immédiatement appelés « voyous », « vandales » et « sauvages ». On se calme.

Premièrement, et un de ces manifestants l’a clairement expliqué, nos médias raffolent de verre cassé. Si vous voulez être entendus, à moins d’être un artiste pop ou un monsieur à cravate, vous devez brasser la cabane. Les voyous sont nécessaires aux voyeurs, sinon ces derniers tournent la page ou changent de poste. Je sortais du métro lorsque j’ai constaté qu’il s’y passait quelque chose, mais ce qui m’a le plus frappé fut le très grand nombre de personnes avec des caméras vidéo et des appareils photos. Ils attendaient la casse; ils n’étaient là que pour ça. Vous n’en verrez jamais aurant lors d’une manifestation pour la paix. Donc, la valeur médiatique dépend du degré de casse. Mais, plutôt que de dire : « Merci chers casseurs, vous avez transformé une journée sans valeur en une journée ultra-payante pour nous! », nos chers médias font dans la bienséance, feignant l’indignation devant ces quelques vitrines cassées et une poubelle en feu au milieu de la rue.

Deuxièmement, l’attitude de la police. Pendant que des voyous à cravate volent l’argent des épargnants et dilapident les fonds publics pour réparer leurs erreurs sans qu’aucune (!!!!) enquête ou arrestation ne soit entamée, on arrête plus de 200 personnes pour avoir troublé la paix et autres considérations minîmes comme celle d’avoir tenu un regroupement illégal, certaines de ces personnes n’ayant commis d’autre crime que de s’être retrouvées encerclées par l’anti-émeute au milieu de manifestants. Comme le disait ce matin Michèle Ouimet, de La Presse,

« Le plus impressionnant, dans toute cette histoire, c’est l’extrême nervosité des policiers qui chargent une foule et qui essaient ensuite de la contenir. J’ai passé 45 minutes à deux pieds d’eux. Je voyais l’adrénaline dans leurs yeux. Je ne leur faisais pas confiance. J’avais peur qu’ils se mettent à jouer de la matraque. »

Où vont ils pêcher leur recrues, dans la police? J’ai connu des portiers pris au piège dans des foules où se lançaient des verres et des chaises, à 4 contre 100, et qui finissaient par calmer le jeu. J’ai moi-même été pris dans une bagarre à 4 contre une équipe de rugby, et on ne s’est pas mis à frapper tout le monde. Surtout, on était pas équipés comme des légionnaires romains. Pourquoi les flics ont-ils si peur d’une bande de punks armés de tomates alors qu’ils sont protégés par tout un attirail digne de « Gladiator »? Est-ce que nos policiers doivent être à cinquante contre un pour se sentir à l’aise? Ou bien parce que les nouvelles règles et l’omniprésence médiatique les empêchent d’intervenir convenablement sans être pris de panique?  Cela me fait me questionner sur deux des qualités principales de tout futur agent de police, le courage et le sang froid. Dans une ville ou le nombre d’itinérants morts de froid dépasse le nombre de meurtres, il m’est presque impossible de croire que la vie d’un policier puisse être en danger lors d’une manifestation du genre. De ce fait, ceux-ci devraient être en mesure de réagir avec sang-froid.

Troisièmement, les casseurs. Il faudrait peut-être vous le rappeler, mais notre société est structurellement injuste. On y compte de nombreux exclus; il y a plus de jeunes de la rue que de chiens abandonnés dans les rues de la ville. Ceux-ci reçoivent des tonnes de contraventions qu’ils ne pourront jamais payer, alors que c’est d’un peu d’attention et d’empathie dont ils auraient besoin. Qu’on ne vienne pas me dire « qu’ils travaillent, comme tout le monde », alors que les jobs les mieux protégées tombent comme des mouches en raison de la crise économique. Plus de la moitié de la population du Québec ne sait ni lire ni écrire convenablement (contre 21% en Iran!). À moins de s’être trouvé une job à vie dans les années 70, si vous ne savez pas lire, vous êtes presque condamné à l’aide sociale. Faut être brisé et démuni pour se retrouver dans la rue. L’exclusion, le rejet, c’est selon moi le pire état dans lequel un humain vivant en société devrait se retrouver. Et la colère face à l’exclusion est tout à fait normale, quoi qu’en diront les bien-pensants qui ont plus peur de leur ombre que la marmotte en février.

Entre des vitrines brisées et des enfances détruites, ma compassion va aux jeunes. L’humain avant les objets, telle est ma devise.

L’humain, dans le cas des jeunes qui n’ont aucun autre langage que celui de la confrontation brutale. L’humain, dans le cas des policiers, mal préparés à la confrontation avec les enfants brisés, et brainwashés sur tout un système de valeurs, où c’est la vitrine du dépanneur et du SUV et non l’avenir de notre jeunesse en difficulté qu’il faille protéger. J’ai de la compassion pour les deux côtés du conflit, parce que d’un côté comme de l’autre, l’incompréhension est érigée en dogme.

Je terminerai en réitérant mon appui aux policiers dans la négociation de leur contrat de travail. Je trouve que, dans des circonstances normales et au quotidien, nos policiers sont cool. Bien sûr, je ne porte pas les marques de la rébellion, je respecte la plupart des lois et je ne suis pas bête comme mes pieds, mais je les aime bien, surtout en jeans. On est loin des flics du temps de Monica la Mitraille, et, considérant le faible taux de criminalité de Montréal, je ne peux que constater qu’il y a un peu de nous tous dans cette atmosphère paisible, citoyens et gardiens de l’ordre réunis.

Ne reste qu’à régler quelques petits détails sur l’interaction entre policiers et marginaux. C’est, probablement, comme toujours, dans les hautes sphères que se donnent les ordres de discriminer et de harceler les marginaux. Ce sont certains citoyens intolérants et zélés qui mettent la pression sur ceux qui donnent les ordres. Et, dans une hiérarchie militarisée, les ordres sont les ordres.

C’eut été un superbe moment pour la fraternité des policiers de dénoncer la pression qu’on met sur leurs épaules pour criminaliser la marginalité, sur ces ordres qui les poussent à abuser de leur autorité, ordres qui, quelques fois par année, provoquent de petits (on est loin de Chicago ou de L.A., rappelons-le) accrochages qui pourraient évités.

Quant à la casse, si on cessait de réprimander ceux qui crient un peu plus fort à l’injustice en les priant de baisser le ton, si on arrêtait d’être une société de moumounes qui préfère se taire que de dénoncer des « écoeuranteries », on éviterait peut-être ce genre de situation. Quand on tient à garder la soupape fermée, à un moment donné, le presto saute. Simple comme 1+1=2.

Publié par : ebondo | 1 mars, 2009

Des bienfaits de la respiration profonde

Bon, où est-ce qu’il veut en venir, celui-là?, vous demandez-vous sûrement. Eh bien c’est très simple. J’adore expérimenter divers petits trucs dans la vie. Et dernièrement, je relisais le livre d’Anthony Robbins : « Pouvoir illimité », dans lequel on retrouve une section sur l’amélioration de notre condition physique.

On y parle, entre autres, de la respiration dite profonde ou lymphatique. À ce qu’il y dit, l’utilisation de la respiration profonde permet à lymphe de mieux circuler dans le corps et optimise son action. Mais que fait la lymphe?

Voilà  la définition wiki:

Elle joue un rôle très important dans le système immunitaire, essentiellement dévolu aux ganglions lymphatiques qui retiennent les microbes que la lymphe a pu absorber dans son parcours pour les détruire par phagocytose. Lors d’une infection quelconque, l’agent infectieux se retrouve très rapidement dans la lymphe, avant d’arriver au niveau d’un ganglion lymphatique. Celui-ci gonfle alors, afin d’accueillir une grande quantité de lymphocytes ciblant l’agent infectieux en question.

Elle a un rôle nutritif, elle apporte au sang circulant les graisses absorbées au niveau des chylifères de l’intestin grêle.

Rôle de drainage et d’épuration, elle véhicule une partie des déchets cellulaires et les éléments non utilisés par les tissus.
Ainsi, le fait d’aider la lymphe à mieux circuler dans le corps grâce à la respiration profonde a une action « purifiante » pour ce dernier.  C’est comme sortir les poubelles ou passer le balai.

Comme vous vous êtes rendus jusqu’ici, je vous explique comment faire :

Vous devez inspirer, retenir votre souffle et expirer, selon des temps définis. On parle ici d’un rapport 1-4-2.

Par exemple, vous inspirez et emplissez vos poumons en 1 seconde, vous conservez l’air dans ceux-ci en 4 secondes et vous les videz en 2. Vous pouvez, si vous avez plus de souffle, le faire en 2-8-4. Et ce rapport peut-être calculé en secondes, en battements de coeur, en suivant le rythme d’une chanson, bref, tant que vous respectez ce 1-4-2, l’affaire est Ketchup.

Faites ça dix fois de suite, un minimum de trois fois par jour, et essayez de voir si comment vous vous sentez. En ce qui me concerne, au cours des deux dernières semaines, j’ai réduit de 2 à 3 heures mes nuits de sommeil, et ce sans utiliser de cadran. Et, comme vous le savez, je suis gérant de bar, et ces nuits sont parfois consacrées à dégriser. Mon niveau d’énergie , ainsi que ma capacité de récupération a tellement augmenté que je me suis dit qu’il valait la peine de vous en parler.

Essayez et donnez-m’en des nouvelles. Bon ménage!

Publié par : ebondo | 21 février, 2009

De la politique et des cas de rejet

En entrevue hier avec Christiane Charette, j’ai un peu dérapé, lorsque j’ai parlé de mon impression selon laquelle les partis politiques sont investis par ceux sur qui on tapait et qu’on ridiculisait à la petite école, qui n’ont qu’à payer 5$ pour se faire des tas d’amis. Je dis « On », ce qui exclut votre interlocuteur, parce que, bien qu’il me fut arrivé de taquiner certains d’entre eux, et ce de façon parfois regrettable, ils pouvaient toujours faire partie de ma gang, où se cotoyaient toutes sorte de monde : des « cools », des sportifs, et certains que tous rejetaient.

Et quand je parle de ces « rejets » qui investissent les partis politiques, je ne parle pas particulièrement des simples militants qui se dévouent corps et âme, mais bien de ceux qui se mettent en avant grâce à mille et une magouilles, sans avoir la moindre qualité, le moindre charisme, la moindre idée qui ne puisse faire avancer la société, qui reprennent de vieilles idées reçues et mettent tous les efforts pour utiliser la structure partisane à leur avantage. L’exemple le plus probant à ce titre, serait Stéphane Dion. Pourtant, À deux doigts de la chaise du premier Ministre d’un gouvernement de coalition, il n’aura suffi que d’une vidéo mal foutue pour se débarasser de lui, vidéo préparée par son propre parti.

C’est donc cette dynamique malsaine que j’ai constaté lorsque j’étais à l’ADQ; la même chose sévit au PQ. De toute façon, je n’ai pas à forcer pour en convaincre quiconque : le taux de confiance de la population envers la classe politique en fait foi.  Le taux de participation aux élections aussi. Une grande partie des politiciens et politiciennes de carrière, ainsi que ceux qu’on appelle les « apparatchiks », ceux qui gravitent autour « en attendant leur tour » se retrouvent dans cette situation, à se faire taper dessus par les journalistes, les caricaturistes et autres chroniqueurs, et ce, quotidiennement. Non seulement la population les rejette, mais le même cercle vicieux de l’enfance se répète.

Ma mère, psychoéducatrice, m’a souvent parlé de ces enfants rejetés, ces « cas de rejet », et j’en retiens ceci. Ce qui se passe avec ces individus, c’est que non seulement ils sont rejetés pour une raison ou une autre, mais qu’ils en viennent à se comporter de façon à attirer le rejet.

Je termine en spécifiant, encore une fois que, malgré mon constat bien triste, je ne souhaite cela à personne, et je souhaite même que chacune de ces personnes puisse apprendre à mieux se connaître, et brise ce cycle infernal qui n’aide, ni eux-même, ni ceux qui acceptent de faire partie de leur entourage.

Je tenais à faire cette rectification, car loin de moi l’idée de contribuer à la poursuite de ce cycle infernal pour trop de gens, cycle qui, dans le cas de la classe politique, vient pourrir l’essence même du tissu social.

Alors, si vous êtes un « cas de rejet », en politique ou ailleurs, vous trouverez chez-moi cette oreille attentive, et je serai dorénavent le premier à vous faire remarquer en quoi votre comportement attire le rejet, chose que je me refusais à faire de peur de faire partie du problème, et non de la solution.

Voilà ce que j’aurais aimé dire, si j’en avais eu le temps et si ce n’eut été de la grande frustration face à la classe politique qui est mienne.

Publié par : ebondo | 20 février, 2009

Une journée… présidentielle

Je n’apprends rien à personne, mais mon passage à l’émission de Christiane Charette, ce matin à la Première Chaîne de Radio-Canada (cliquez sur la photo pour accéder à l’entrevue) a suscité un vif intérêt pour ce blogue (un record de clics pour une seule journée!), ainsi que sur Facebook, où les félicitations se sont multipliées. Merci pour cette belle visite et merci à Christiane Charette et ses recherchistes pour cette belle visibilité (et à mon ami Renart, autant pour moi que pour le Edgar, qui le mérite bien (et ce n’est pas parce que je prêche pour ma paroisse mais bien parce qu’on y retrouve une superbe équipe et des gens tellement humains).

À quand ma prochaine intervention médiatique? Je ne sais pas. Je retourne à mes employés, patrons et amis adorés, quelques projets en tête. Anyways, le vrai président étant rentré chez-lui, il ne vous reste que moi, gnia gnia! Blagues à part, une chose est sûre : je ne dois plus douter de mes capacités à prendre un peu plus de place dans la vie sociale. Comment? Je n’en sais encore rien. Peut-être vais-je m’atteler à terminer le manuscrit sur ma vision du Québec, que j’ai commencé il y a de cela bien longtemps. Et alimenter ce blogue qui en avait bien besoin, après l’avoir presque. Nous verrons bien.

En attendant, vendredi approche, alors je dédie ce jeu de mot à mon ami Gaétan Bouvier : Yes, Weekend!

Publié par : ebondo | 18 février, 2009

Obama: faire amende honorable

Un homme heureux

Un homme heureux

Bon, j’ai déjà écrit plein de trucs sur combien je doutais de la capacité de Barack Obama, même de sa volonté de changer les choses. Gardant l’esprit ouvert, ET, faisant fi des relations un peu pourries de ce dernier, je suis allé m’acheter dernièrement ses deux bouquins. Eh bien, nonobstant le fait que bon nombre de gens m’appellent affectueusement Barack depuis des mois, j’ai eu un choc. Ce livre est tout simplement superbe. Et inspirant.

Je suis allé voir mon père aujourd’hui et lui ai posé la question suivante : « Est-ce que toi aussi tu as été « envoyé » en mission par les chefs coutumiers en occident pour y étudier et ramener la connaissance en Afrique?

-Oui, me répond-t-il.

Pourquoi il n’y retournait pas de façon permanente, ça je le savais. Pour deux choses. La première, c’est nous, ses enfants. L’autre, il me l’a apprise aujourd’hui :

-Je préférais vivre pauvre et sans emploi avec mon doctorat ici avec vous, que de vivre en esclavage sous le joug de l’occident là bas, mais riche de la corruption des élites. Un jour, bientôt, nous irons ensemble et regagnerons l’honneur de la famille. Pour l’instant, notre statut fait de nous des cibles, et tout ce pourquoi je suis ici, tout ce que j’ai fait au cours des quarantes dernières années, vous mes enfants y compris, aurait été en vain. »

Ce fut une superbe conversation. J’ai soudainement réalisé à quel point l’Afrique est devenue chère à mes yeux depuis 2-3 ans et à quel point elle me manque, même si je n’y suis allé qu’une fois, il y a de cela 33 ans. Chaque jour qui passe voit le sang des miens versé, et je suis là à contempler le désastre que causent les miens envers les autres miens. La dichotomie la plus parfaite. J’ai découvert à quel point j’aimais mon propre père, toujours là pour nous plutôt que pour ceux qui étaient restés là-bas (il en fait beaucoup malgré tout, même à distance).

En lisant Obama, j’ai réalisé à quel point les enfants du métissage blanc-noir souffrent de voir ceux de leur sang, blancs et noirs, s’entredéchirer, malheureusement plus d’un côté que de l’autre. Mais surtout, nous observons pour chaque côté de nos origines la haine de l’un envers l’autre, alors qu’à l’intérieur, c’est un merveilleux mélange porteur d’avenir.

Chers amis, peu importe ce que j’ai pu dire sur Obama, peu importe le doute qui me hante toujours sur les faucons qui l’entourent, ce qu’il a fait, j’en vois chaque jour le résultat. La réaction à mon égard a changé depuis quelques mois. Les sourires se font plus nombreux, les gestes de gentillesse se sont multipliés, et, soudainement, je n’ai plus à cacher ma fierté d’être noir en exposant uniquement ma fierté d’être aussi blanc.

Mais il m’aura fallu plus de trente ans pour y arriver. Cette honte latente a pratiquement disparue, et je ne peux qu’en être reconnaissant. Envers ceux qui ont choisi l’exil pour éventuellement retourner aider cette Afrique, vache à lait de l’occident, quitte à génocider tous ceux qui y résident depuis des millénaires. Envers ceux et celles qui ont franchi des limites qu’on ne franchissait pas sous peine de mort il y a à peine cinquante ans, et parfois encore aujourd’hui.

Obama aura fait de moi un bâtard encore plus ouvertement fier de ses origines. Peut-être échouera-t-il sur toute la ligne dans sa gouvernance. Mais ce désir d’exprimer sa fierté, on ne pourra plus jamais me l’enlever. Et s’il devait tomber, le peu de chemin qu’il aura tracé nous servira à poursuivre sa lancée, peu importe comment.

Sans tomber dans la naïveté hollywoodienne, il y a peut-être de l’espoir, après tout.

Messages Plus Anciens »

Catégories