
Il y a un truc qui m’échappait. Comment un gouvernement minoritaire comme celui de Stephen Harper pouvait-il régner de telle façon sur le Parlement Canadien depuis son élection?
La réponse, je l’avais oubliée. Le seul danger auquel Stephen Harper et les politiciens avaient vraiment fait face, c’est il y a un peu plus d’un an. Depuis, Stephen Harper jouit d’un allié de rêve et de taille comme il n’aurait jamais pu l’imaginer -à moins que, bien sûr, tout ça ne fusse arrangé- et j’ai nommé ici : Michael Ignatieff.
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Ignatieff est un peu l’équivalent du duo John McCain/Sarah Palin face à Stephen Harper. Incapable de véritablement s’attirer la sympathie du public, inodore, incolore, sympathique à des enjeux qui sonnent faux, surtout au Québec, je serais étonné de voir Michael Ignatieff changer du tout au tout et convaincre le Pays qu’il est l’homme de la situation. Même avec les meilleurs faiseurs d’image au monde. Les siens auront à tout le moins réussi à convaincre les militants libéraux, et pour ça, le Parti paie le gros prix à l’heure actuelle.
Je vous rappelle qu’il y a environ treize mois, Stephen Harper allait être renversé par le Parti Libéral, allié aux Néo-Démocrates et aux Bloquistes. Aujourd’hui, Stephen Harper vogue comme un vrai pilote avec, lui, les deux mains sur le volant, amène le pays où lui seul le veut, faisant disparaître le peu qui restait de notre image de marque, suscitant les craintes de la presse, suscitant la grogne des citoyens un tantinet politisés. Pendant ce temps, Michael Ignatieff fait quoi? Son gros possible, sûrement. Peut-être ses faiseurs d’image lui ont-ils fait entreprendre un programme d’entraînement, de blanchissage dentaire, lui ont-ils trouvé une nouvelle styliste, font-ils des scéances de brainstorm sur ce que devrait être sa prochaine coupe de cheveux?
Des cours de chants peut-être Boss?
Euh, pourquoi?
Ben, pour lui donner du tonus.
Elle a pas de tonus ma voix?
Bien sûr.
Bon.
Ok Boss, on laisse faire les cours de chant. Guitare, peut-être, comme Jack?
Non. Flûte.
Flûte?!? C’est pas un peu…étrange, flûte?
Comme les Mexicains dans les centres commerciaux.
C’est des Péruviens, pas des Mexicains.
Whatever, flûte ce sera.
Ok Boss.
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Pendant ce temps, nous, pauvres Canadiens, sommes pris avec Stephen Harper comme Premier Ministre, et rien n’y peut rien. Parce que Michael Ignatieff a dit tout de go, lors de son entrée au Parlement, qu’ IL N’Y AURAIT JAMAIS DE COALITION avec les autres partis d’opposition. Il devait penser, à cette occasion, que ses faiseurs d’images allaient réussir à séduire le Canada comme ils avaient réussi à bourrer les militants libéraux. Bigue mistèque. Trop plaaaate. Et donc, Ignatieff n’aura jamais le niveau d’appuis nécessaire pour pouvoir défaire le gouvernement et remporter les élections qui suivraient, peu importe ses positions sur l’Assurance-Emploi, sur l’économie, sur les sables bitumineux, etc etc. Mais le monsieur, au lieu de saisir la seule opportunité possible qu’il a de devenir Premier Ministre, la seule je dis bien, eh bien le Monsieur il s’entête. Un autre tête de cochon!, comme dirait je ne sais trop qui. Et ses militants, réalisant qu’ils sont aujourd’hui beaucoup plus loin du pouvoir qu’ils ne l’étaient avec Stéphane Dion, nagent dans la complaisance en attendant un effet Ignatieff aussi improbable qu’un effet Carey Price. L’orgueil mâle dans toute sa splendeur.
Ignatieff devrait donc piler sur son orgueil et se contenter de faire ses classes comme Premier Ministre dans un gouvernement de coalition, ou attendre que ses militants se fatiguent et lui montrent la sortie. Certains parlent de son action remarquée au Parlement depuis la prorogation, à travers des forums et des réunions quelconques. Ah bon. L’effet Ignatieff doit être si fort que je fais inconsciemment abstraction de tout ce qui le concerne. Et je ne semble pas être le seul.
Mais tous parlent sans cesse de Stephen Harper. Et ça, on ne peut pas passer à côté.
Alors, à l’intention des militants libéraux fédéraux : vous vous rappelez les paroles de Pierre Pettigrew concernant les chefs souverainistes? Eh bien, entre vous et moi, renoncer au pouvoir si proche en s’accrochant à de vains espoirs de l’avoir pour soi seul, plutôt que de le partager, c’est loser avec un immense L. Comme dans Mike-L.








En entrevue hier avec Christiane Charette, j’ai un peu dérapé, lorsque j’ai parlé de mon impression selon laquelle les partis politiques sont investis par ceux sur qui on tapait et qu’on ridiculisait à la petite école, qui n’ont qu’à payer 5$ pour se faire des tas d’amis. Je dis « On », ce qui exclut votre interlocuteur, parce que, bien qu’il me fut arrivé de taquiner certains d’entre eux, et ce de façon parfois regrettable, ils pouvaient toujours faire partie de ma gang, où se cotoyaient toutes sorte de monde : des « cools », des sportifs, et certains que tous rejetaient.
